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Agriculture

Ghazouani plaide à Nairobi pour une transformation structurelle des systèmes agroalimentaires africains

En marge du sommet Africa Forward, le président de la République Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a présidé une session de haut niveau consacrée à la construction de systèmes agricoles et alimentaires durables en Afrique. Il a appelé à une transformation profonde du secteur, fondée sur la souveraineté alimentaire, l’investissement et l’innovation.

À Nairobi, dans le cadre du sommet « Africa Forward », le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a conduit, mardi 12 mai, une session de haut niveau réunissant plusieurs chefs d’État, partenaires internationaux et acteurs du développement autour de l’avenir des systèmes agroalimentaires africains.

Cette rencontre stratégique a porté sur les enjeux de souveraineté alimentaire, de résilience climatique et de transformation durable de l’agriculture sur le continent.

Dans son intervention, le chef de l’État a dressé un constat sans équivoque sur la situation agricole du continent.

« Bien qu’il dispose de plus de 60 % des terres arables non cultivées de la planète, notre continent dépense chaque année près de 115 milliards de dollars pour importer sa propre nourriture », a-t-il déclaré.

Pour le Président, ce paradoxe illustre un déséquilibre structurel profond. « Ce déséquilibre structurel qui consiste à exporter nos matières premières pour importer des produits transformés est une source majeure de vulnérabilité économique et un risque pour notre sécurité alimentaire et sanitaire. »

Le président Ghazouani a insisté sur l’urgence de transformer le potentiel agricole africain en véritable moteur de souveraineté et de développement. « Il est donc pour nous d’une nécessité primordiale de transformer notre potentiel agricole en un véritable levier de souveraineté », a-t-il affirmé.

Il a également mis en lumière plusieurs contraintes structurelles freinant la productivité du secteur, notamment la dépendance aux aléas climatiques, la faiblesse des rendements, le manque d’intrants agricoles de qualité et l’insuffisance des infrastructures de stockage.

Le Président a rappelé que cette dynamique s’inscrit pleinement dans la vision continentale portée par l’Union africaine, notamment à travers le cadre politique agricole et l’Agenda 2063.

« L'agriculture ne doit plus seulement être un moyen de subsistance, mais le moteur d’une industrialisation inclusive », a-t-il souligné.

Il a également évoqué la Déclaration de Malabo et les efforts visant à renforcer les échanges intra-africains de produits agricoles, tout en améliorant la résilience face aux chocs climatiques.

Le chef de l’État a structuré son intervention autour de trois axes majeurs pour réussir la transformation du secteur.

Il a appelé d’abord à la mobilisation de l’expertise internationale : « Nous devons, à travers la recherche, la formation et l’innovation, développer nos filières agricoles et structurer les chaînes de valeur », a-t-il indiqué, appelant à renforcer les partenariats avec les acteurs internationaux, notamment européens.

Il a ensuite insisté sur la nécessité de mobiliser les investisseurs et le secteur privé pour soutenir l’entrepreneuriat agricole et développer l’agro-transformation.

Enfin, il a appelé à intégrer les solutions d’avenir et à soutenir les initiatives de résilience telles que la Grande Muraille Verte.

« Nous devons mettre à contribution les solutions d’avenir pour valoriser les pratiques agricoles locales », a-t-il affirmé.

En conclusion, le Président mauritanien a exprimé son optimisme quant aux perspectives ouvertes par cette rencontre internationale.

« Je suis convaincu que nos échanges permettront d’éclairer des pistes de solutions de nature à aider notre continent à construire une agriculture durable et résiliente », a-t-il conclu.


 


 

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