Nouakchott présente à Paris un dossier axé sur les réformes structurelles, la stabilité économique et l’ambition d’intégrer un espace stratégique d’expertise internationale.
La Mauritanie a officiellement déposé, ce jeudi 4 novembre à Paris, sa candidature pour rejoindre le Centre de développement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une session dédiée, tenue au siège de l’Organisation, a permis au ministre des Affaires économiques et du Développement, Abdallahi Ould Souleymane Ould Cheikh Sidiya, d’exposer les fondements de la demande mauritanienne.
Devant le Conseil d’orientation du Centre, en présence de l’ambassadeur de Mauritanie en France, Mohamed Yahya Ould Teiss, et du directeur général des Financements et de la Coopération économique, Mohamed Salem Ould Nani, le ministre a détaillé les arguments économiques et institutionnels soutenant l’adhésion. Il a mis en avant la phase de transformation profonde que traverse le pays, portée par des réformes structurelles ayant consolidé la stabilité macroéconomique et stimulé la croissance ces trois dernières années.
Selon le ministre, la Mauritanie affiche aujourd’hui des indicateurs jugés solides : réduction notable de la dette publique, réserves de change couvrant plus de six mois d’importations et climat d’investissement en amélioration grâce à l’adoption de la loi sur les partenariats public-privé, à la modernisation du cadre réglementaire et au renforcement de la transparence, notamment via la loi sur la déclaration de patrimoine et les dispositifs anticorruption.
La vision nationale de développement, inscrite dans la Stratégie de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP 2016-2030), repose sur la diversification économique, le développement du capital humain, la réduction des inégalités et le renforcement de la résilience climatique. Des orientations que le ministre a présentées comme pleinement alignées sur les approches analytiques et normatives de l’OCDE.
La Mauritanie participe déjà à plusieurs initiatives de l’Organisation, parmi lesquelles le Forum mondial sur la transparence fiscale, les conventions multilatérales d’assistance administrative ou encore les programmes relatifs à la croissance inclusive. L’adhésion au Centre de développement constituerait, selon le ministre, une étape logique dans ce processus d’intégration.
En rejoignant ce Centre, le pays entend bénéficier de l’expertise internationale en matière de transition énergétique, d’économie numérique, de développement des compétences et de politiques d’innovation. En retour, la Mauritanie souhaite apporter l’éclairage d’un pays en pleine transformation, situé à la croisée de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne.
Le gouvernement mauritanien a, par ailleurs, anticipé l’adhésion en mettant en place des mécanismes de coordination dédiés : un point de contact national, une cellule conjointe de suivi et un rôle renforcé de l’ambassade de Mauritanie à Paris. L’objectif : garantir une intégration efficace des recommandations du Centre dans les politiques publiques.
À l’issue de la session, le Comité d’orientation a salué la qualité de la présentation et a décidé de transmettre le dossier mauritanien au Conseil d’administration, accompagné d’une recommandation favorable à l’adhésion.