Le premier G20 organisé en Afrique met en lumière les inégalités mondiales et appelle à un multilatéralisme renforcé pour soutenir la croissance et la transformation du Sud global.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a ouvert, ce samedi 21 novembre à Johannesburg, le premier Sommet des dirigeants du G20 jamais organisé sur le continent africain, un moment qualifié d’« historique » par le chef de l’État, qui a appelé à un renforcement du multilatéralisme, de la solidarité internationale et d’une gouvernance mondiale plus juste. Dans son discours inaugural, Ramaphosa a salué la portée symbolique et politique de cet événement, rappelant qu’il s’agit de la première fois que les grandes puissances économiques mondiales se réunissent en Afrique dans le cadre du G20. « C’est un honneur d’accueillir le premier Sommet des dirigeants du G20 sur le sol africain », a-t-il déclaré, soulignant que cette édition doit marquer « un tournant pour le Sud global ».
Le président sud-africain a mis en avant les profondes inégalités de développement entre les pays, estimant qu’elles constituent « l’un des plus grands obstacles à une croissance durable et inclusive ». Il a qualifié ce déséquilibre de « fondamentalement injuste » et a exhorté les membres du G20 à renforcer les partenariats, la coopération et la cohésion internationale. Ramaphosa a insisté sur la nécessité de revitaliser le multilatéralisme, affirmant que les défis mondiaux actuels — changement climatique, crises économiques, dettes, migrations, instabilité géopolitique — « ne peuvent être résolus que par la collaboration et la solidarité ».
L’Afrique du Sud, qui assure la présidence du G20 en 2025, a défini quatre axes prioritaires : renforcer la résilience internationale face aux catastrophes et aux crises systémiques, améliorer la soutenabilité de la dette, notamment pour les pays africains, mobiliser davantage de financements pour une transition énergétique juste et promouvoir la transformation locale des minerais stratégiques, un enjeu central pour l’Afrique dans la nouvelle géopolitique énergétique.
Malgré l’absence annoncée d’une partie de la délégation américaine, évoquée par plusieurs médias internationaux, Ramaphosa a affirmé qu’un « consensus écrasant » entre les membres du G20 avait permis de valider le projet de déclaration finale. Celle-ci doit envoyer « un message d’espoir, d’unité et de responsabilité », prouvant que « le multilatéralisme peut produire des résultats concrets ». Il a ajouté que cette déclaration porte un engagement clair : « Ne laisser aucune personne, aucune communauté et aucun pays de côté ».
L’accueil du G20 marque une étape majeure dans la quête d’une représentativité accrue des pays en développement au sein des instances mondiales. Ramaphosa a réaffirmé la vision sud-africaine d’une gouvernance internationale capable de refléter les réalités d’un monde multipolaire et d’ouvrir des opportunités nouvelles pour le continent africain. Ce G20, dont les travaux se poursuivent à Johannesburg, pourrait ainsi constituer l’une des plus importantes avancées diplomatiques africaines de ces dernières années, offrant une plateforme stratégique pour faire entendre les préoccupations des pays du Sud, en particulier sur la dette, l’énergie, le climat et la transformation économique.