La justice française a condamné ce jeudi 25 septembre 2025 l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, à cinq ans de prison ferme, dont une partie assortie d’un mandat de dépôt immédiat, dans le cadre du procès dit du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.
La cour a retenu contre l’ancien chef d’État les charges d’association de malfaiteurs et de complot criminel, estimant qu’il avait joué un rôle central dans un système de financement occulte provenant du régime de Mouammar Kadhafi. En revanche, il a été acquitté des accusations de corruption passive, de recel de fonds publics et de financement illégal de campagne dans leur forme initiale.
Nicolas Sarkozy se voit également infliger une amende de 100 000 euros. Fait rare, le tribunal a ordonné que la peine soit exécutoire même en cas d’appel, ouvrant la voie à une incarcération immédiate de l’ancien président.
Déjà condamné dans deux autres affaires (l’affaire des écoutes en 2021 et l’affaire Bygmalion en 2023), Nicolas Sarkozy voit son casier judiciaire s’alourdir encore. Jamais sous la Ve République un ancien président n’avait cumulé autant de condamnations pénales.
L’annonce du verdict a suscité un séisme politique et médiatique. Ses soutiens dénoncent une décision « disproportionnée et politique », tandis que les parties civiles saluent une « victoire de l’État de droit ».
Cette condamnation fragilise l’image d’un homme qui, malgré ses déboires judiciaires, restait influent au sein de la droite française.
Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de faire appel, mais cette démarche ne le protégera pas d’une entrée en détention, le tribunal ayant décidé l’exécution immédiate de la peine. Le parquet devrait préciser dans les prochains jours les modalités pratiques de son incarcération.
Le procès du financement libyen aura marqué les esprits par l’ampleur des accusations : implication d’un régime étranger, soupçons de corruption au plus haut sommet de l’État français et mise en lumière de circuits financiers occultes. Le nom de Nicolas Sarkozy restera désormais associé à l’une des plus graves affaires politico-financières de la Ve République.