Amir Saeid Iravani, représentant permanent de l'Iran auprès de l'ONU.
À la suite des frappes américaines menées dans la nuit du 21 au 22 juin contre trois sites nucléaires en Iran, Fordow, Natanz et Ispahan, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Iran auprès de l’ONU, Amir Saeid Iravani, a livré une déclaration virulente au Conseil de sécurité, dénonçant une « agression barbare » et « une violation flagrante du droit international ».
Dans un discours ferme, le diplomate iranien accuse Israël et les États-Unis d’avoir franchi une ligne rouge. Il affirme que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou « a pris en otage la politique étrangère américaine », entraînant Washington dans « une guerre coûteuse » contre une nation qui, insiste-t-il, « ne possède pas d’armes nucléaires » et reste « engagée pour la paix ».
Amir Saeid Iravani a rappelé que les installations visées étaient sous supervision de l’AIEA et protégées par les engagements du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Il fustige les accusations américaines, qu’il qualifie de « politisées et sans fondement », affirmant qu’aucune preuve ne vient étayer l’idée selon laquelle l’Iran chercherait à acquérir l’arme atomique.
Riposte en préparation, diplomatie enterrée
Téhéran affirme se réserver le droit de répondre « au moment, à l’endroit et de la manière de son choix », sous la conduite de ses forces armées. « Les États-Unis, par leur attaque, ont choisi de détruire la diplomatie », a lancé Iravani, qui accuse Washington de torpiller les efforts de dialogue en cours. « Comment nous demander de revenir à une table que nous n’avons jamais quittée ? », a-t-il interrogé.
L’Iran dit rester déterminé à défendre son peuple et son programme nucléaire civil « contre toute menace extérieure ». Le représentant iranien a averti que son pays prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour protéger sa souveraineté.
La communauté internationale divisée
L’attaque américaine a provoqué une onde de choc au sein de la communauté internationale. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exprimé sa « profonde inquiétude » et appelé à un retour immédiat à la diplomatie : « Ce conflit risque de devenir incontrôlable, avec des conséquences catastrophiques.»
Alors que Donald Trump parle d’un « succès total » et d’un « moment pour la paix », les autorités iraniennes dénoncent une opération militaire illégale, menée en toute impunité, et annoncent des recours juridiques internationaux.
Cette nouvelle escalade entre Téhéran, Washington et Tel-Aviv menace de redessiner durablement les équilibres géopolitiques au Moyen-Orient et au-delà. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, est arrivé à Moscou dimanche après-midi pour s’entretenir avec Vladimir Poutine et plusieurs responsables russes, en vue de coordonner la position iranienne face aux récentes frappes américaines et israéliennes contre des sites nucléaires en Iran.
La Rédaction