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Politique

Une manifestation au Soudan, (image d’illustration).

Soudan : la junte militaire et l’opposition proches d’un accord sur le retour des civils au pouvoir

Alors que l’économie soudanaise est à genoux, un éventuel retour des civils au pouvoir pourrait débloquer des milliards de dollars d'aide gelés par les bailleurs de fonds internationaux depuis le putsch. 

Les autorités militaires soudanaises et les Forces pour la liberté et le changement (FLC), le principal bloc civil d’opposition du pays, se sont approchées d’un accord visant à trouver une issue à la crise politique provoquée par le coup d’Etat d’octobre 2021 dans le cadre de négociations parrainées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, a rapporté Bloomberg lundi 17 octobre, citant des sources proches du dossier.

Selon le projet d’accord proposé, la junte militaire accepterait la désignation d’un président et d’un Premier ministre parmi les civils. En contrepartie, l’opposition devrait s’engager à ne pas lancer des poursuites judiciaires contre les membres de la junte au pouvoir et à accorder « une certaine forme d’indépendance » à l’armée, ont précisé ces sources qui ont préféré garder l’anonymat.

Alors que l’économie soudanaise est à genoux, un éventuel retour des civils au pouvoir pourrait débloquer des milliards de dollars d'aide gelés par les bailleurs de fonds internationaux depuis le putsch.

Le 25 octobre 2021, le général Abdel Fattah al-Burhan s’est retourné contre ses partenaires civils avec lesquels il avait conclu, au lendemain de la chute de la dictature militaro-islamiste d'Omar el-Béchir, un accord pour partager le pouvoir le temps de mener le pays vers ses premières élections démocratiques. Il avait alors limogé le gouvernement de transition, fait arrêter ses partenaires civils, et imposé l'état d'urgence dans le pays.  

En mai dernier, la junte militaire qui a entre-temps perdu le soutien des bailleurs de fonds internationaux s’est déclarée prête à participer à un dialogue « avec l'ensemble des forces politiques », tant réclamé par l'ONU, l'Union africaine (UA) et l'Autorité intergouvernementale pour le développement en Afrique de l'Est (IGAD). Mais l’opposition a refusé de participer à ce dialogue, préférant poursuivre l’organisation de manifestations et de sit-in réclamant le départ de la junte militaire et la formation d’un gouvernement constitué de forces civiles.

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