Marché de Telecoms à Nouakchott.DR
Après plusieurs semaines de tensions, un compromis a été trouvé sur les taxes de dédouanement des téléphones mobiles en Mauritanie, avec des taux fortement réduits et des mesures pour régulariser les appareils.
Après plusieurs semaines de tensions et de négociations intenses, les autorités mauritaniennes et les commerçants de téléphones mobiles ont conclu ce samedi 21 mars un accord de compromis concernant la réforme du dédouanement introduite par la loi de finances initiale pour 2026.
La réforme, initialement critiquée pour son poids fiscal, 30 % pour les smartphones et 12 % pour les modèles classiques, prévoyait un contrôle numérique renforcé via une plateforme en ligne, permettant la régularisation à distance des appareils et le blocage des lignes non déclarées. L’objectif officiel : lutter contre la contrebande, moderniser le secteur et sécuriser les recettes de l’État.
Ces mesures avaient provoqué des manifestations début mars à Nouakchott et Nouadhibou, menées par des vendeurs informels dénonçant un fardeau fiscal excessif et une formalisation forcée du secteur. L’Union des commerçants de téléphones avait mobilisé ses membres pour contester ces dispositions.
Les négociations avec la Direction générale des douanes, entamées il y a une semaine, ont permis d’aboutir à un allègement significatif des taxes, avec des taux désormais compris entre 3 % et 5 %, selon la catégorie de l’appareil.
L’accord prévoit également :
– La suppression de l’obligation de déclaration du numéro IMEI à l’entrée des téléphones, assortie de garanties
– La régularisation simplifiée via la plateforme numérique avant la mise sur le marché
– Une exonération partielle pour les stocks existants, permettant aux commerçants de mettre leurs appareils en conformité sans pénalités.
Dans ce nouveau dispositif, les citoyens sont appelés à acheter uniquement des téléphones déjà dédouanés, sans supporter eux-mêmes les taxes. L’Union des commerçants de téléphones a affirmé qu’elle prendra en charge les frais de dédouanement, précisant que les appareils actuellement disponibles sur le marché sont considérés comme conformes.
Elle a également indiqué que les messages précédemment envoyés aux citoyens via le système IMEI ont été annulés, tout en insistant sur le fait que la contrebande de téléphones en dehors du cadre légal ne sera plus tolérée. Selon elle, la réduction des droits de douane contribue désormais à faciliter la conformité fiscale des importateurs et commerçants.
Ce compromis équilibre les recettes de l’État et le pouvoir d’achat des consommateurs, tout en apaisant les tensions et en renforçant l’organisation du marché des télécoms en Mauritanie.