Le principal leader de l’opposition bissau-guinéenne sera entendu le 13 février dans un climat post-coup d’État marqué par des tensions politiques aiguës.
Domingos Simões Pereira, président du PAIGC et figure emblématique de l’opposition en Guinée-Bissau, a été officiellement convoqué par le tribunal militaire de Bissau pour une audition prévue le 13 février 2026. Cette convocation intervient après sa libération fin janvier, après deux mois de détention, alors qu’il demeure sous assignation à résidence.
Les motifs exacts de cette procédure militaire ne sont pas précisés officiellement. Toutefois, plusieurs sources évoquent une enquête concernant une tentative présumée de coup d’État survenue en octobre 2025, accusation que Domingos Simões Pereira rejette catégoriquement. Son équipe juridique a confirmé sa présence et son intention de coopérer pleinement avec la justice.
Cette convocation survient dans un contexte de forte instabilité politique, marqué par le coup d’État militaire de novembre 2025 qui a renversé le gouvernement élu. Depuis lors, la Guinée-Bissau vit une transition chaotique, avec un président Umaro Sissoco Embaló en exil politique et le contrôle effectif de la capitale assuré par des factions militaires alliées.
Pour l’opposition, cette procédure s’inscrit dans une logique de répression politique. Depuis 2023, les institutions parlementaires ont été régulièrement paralysées, des députés suspendus et des dissolutions orchestrées, accentuant le sentiment de crise institutionnelle. Le PAIGC et d’autres partis dénoncent une instrumentalisation de la justice militaire pour neutraliser les voix critiques avant les prochaines élections générales prévues en décembre 2026.
Les élections générales de novembre 2025, censées stabiliser le pays, ont été entachées de contestations et d’exclusions d’opposants, suivies du putsch militaire. Cette crise post-électorale a entraîné la suspension de la Guinée-Bissau par la CEDEAO et l’Union africaine, accentuant la fragilité de la jeune démocratie bissau-guinéenne.
La CEDEAO tente de jouer un rôle de médiation, avec des réunions en cours pour imposer des sanctions et rétablir un calendrier électoral crédible. Mais la transition est compliquée par l’influence des factions militaires et le narcotrafic, qui menace de compromettre toute sortie pacifique de la crise. La situation reste donc hautement volatile, avec un climat de tension palpable pour les mois à venir.