Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, et Donald Trump à Davos, Suisse. ©️ Images/DR
Sur instruction du roi Mohammed VI, le Maroc marque sa présence diplomatique sur la scène internationale en adhérant officiellement au Conseil de Paix, une initiative lancée par Donald Trump visant à superviser la transition post-conflit à Gaza et à promouvoir la paix mondiale.
Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a signé ce jeudi 22 janvier 2026 à Davos, en Suisse, la charte constitutive du Conseil de Paix (Board of Peace), lors d’une cérémonie présidée par le président américain Donald Trump. L’événement s’est déroulé dans le cadre du Forum économique mondial (WEF) et a réuni une vingtaine de dirigeants et ministres, dont ceux du Bahreïn, du Pakistan et du Kazakhstan. Cette signature marque l’entrée en vigueur officielle de l’organisation, qui compte 35 pays fondateurs, le Maroc étant le premier pays africain à s’y engager.
Initialement conçue dans le cadre du plan de paix de Trump pour Gaza, l’organisation a pour mission de superviser le cessez-le-feu négocié en octobre 2025 et de transformer la région en un hub économique à travers des projets immobiliers et de développement. Selon Trump, le Conseil pourrait devenir un outil majeur de résolution des conflits mondiaux, en coordination avec l’ONU malgré ses critiques envers l’organisation internationale.
Le Conseil de Paix est opérationnel avec seulement trois adhésions nécessaires et rend des rapports semestriels au Conseil de sécurité de l’ONU. Donald Trump en assure la présidence et dispose d’un droit de veto sur les décisions, ainsi que de l’autorité finale sur les différends internes.
Le Maroc se distingue par son adhésion rapide et proactive, reflétant sa stratégie de renforcement de son rôle international sur les questions de paix au Moyen-Orient. L’Égypte a été le deuxième pays africain à rejoindre le Conseil, après une analyse plus prudente, tandis que des nations comme le Nigeria ou l’Afrique du Sud ont décliné, craignant un alignement trop marqué sur Washington et des répercussions au sein de l’Union africaine.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte diplomatique favorable : les relations historiques Maroc-USA, renforcées par la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le Sahara en 2020, ont facilité l’acceptation rapide de l’invitation. Pour le Maroc, il s’agit de réaffirmer son influence stratégique tout en jouant un rôle actif dans les efforts de paix régionaux.
Le Conseil de Paix a pour missions principales de superviser la transition post-conflit à Gaza, incluant reconstruction, administration transitoire, aide humanitaire et force de stabilisation sous mandat limité jusqu’en 2027 ; promouvoir la stabilité et la gouvernance légitime dans les zones de conflit ; et définir des priorités globales en matière de paix et post-conflit, avec un accent initial sur Gaza comme hub économique futur.
Si certains pays européens comme la France ou le Royaume-Uni ont refusé d’adhérer, craignant une concurrence avec l’ONU, le Maroc démontre qu’une diplomatie proactive et sélective peut lui permettre de renforcer sa position sur la scène internationale tout en conservant sa souveraineté stratégique dans les dossiers régionaux.