Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol.©️DR
Madrid défend le cadre onusien et réaffirme son soutien politique et diplomatique à la cause palestinienne
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a officiellement annoncé, jeudi 22 janvier 2026 à Bruxelles, le refus de l’Espagne de participer au nouveau « Conseil de paix » promu par le président américain Donald Trump. Cette déclaration est intervenue à l’issue du sommet de l’Union européenne, marquant une prise de position ferme de Madrid en faveur du multilatéralisme, du droit international et du rôle central des Nations unies dans la résolution du conflit israélo-palestinien.
Selon Pedro Sánchez, ce Conseil de paix, lancé le même jour par Donald Trump lors du Forum économique mondial de Davos, ne s’inscrit pas dans le cadre des Nations unies et exclut l’Autorité palestinienne, un élément que l’Espagne juge rédhibitoire. « Nous apprécions l’invitation, mais nous la déclinons », a déclaré le chef du gouvernement espagnol, soulignant que l’avenir de Gaza et de la Cisjordanie doit être décidé par les Palestiniens eux-mêmes, dans un processus reconnu et légitimé par l’ONU.
Présenté par Washington comme un mécanisme destiné à gérer les cessez-le-feu, la sécurité et la reconstruction dans les zones de conflit, ce Conseil de paix s’appuie sur le plan de Donald Trump pour Gaza. Il a déjà reçu l’adhésion d’Israël, du Qatar, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Égypte. En revanche, plusieurs alliés majeurs des États-Unis, dont le Royaume-Uni, le Canada et la majorité des pays de l’Union européenne — à l’exception notable de la Hongrie et de la Bulgarie —, ont choisi de ne pas y participer.
Cette décision s’inscrit dans la continuité de la ligne diplomatique affirmée de Madrid sous Pedro Sánchez. En mai 2024, l’Espagne a reconnu officiellement l’État de Palestine, aux côtés de l’Irlande et de la Norvège, affirmant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination. Depuis, le chef du gouvernement espagnol s’est illustré par des prises de position très critiques à l’égard d’Israël, qualifiant notamment la situation à Gaza de « génocide ».
Sur le plan humanitaire, l’Espagne a renforcé son engagement en annonçant, pour l’année 2026, une aide totale de 150 millions d’euros à Gaza, comprenant un soutien financier accru à l’UNRWA ainsi que des projets humanitaires à Rafah pour l’acheminement de nourriture et de médicaments.
En septembre 2025, Madrid a franchi un nouveau cap en adoptant neuf mesures restrictives à l’encontre d’Israël, parmi lesquelles un embargo sur les armes, l’interdiction d’escales portuaires et aériennes pour du matériel militaire israélien, l’exclusion des produits issus des colonies illégales, ainsi que des restrictions de visas visant des responsables impliqués dans les opérations militaires à Gaza.
En janvier 2026, l’Espagne a également cosigné, avec l’Irlande, la Norvège et d’autres partenaires, une condamnation collective des actions israéliennes, plaidant pour des sanctions européennes et pour une relance crédible de la solution à deux États sous l’égide des Nations unies.
Le refus espagnol de rejoindre le Conseil de paix de Donald Trump met en lumière les divergences profondes au sein du camp occidental sur la gestion du conflit israélo-palestinien. Alors que Washington privilégie des mécanismes alternatifs, Madrid campe sur une vision multilatérale, estimant que toute initiative durable doit passer par l’ONU et inclure pleinement les représentants palestiniens.
Pour l’Espagne, la paix au Proche-Orient ne peut être ni imposée ni contournée : elle doit être négociée, inclusive et conforme au droit international.