Les dirigeants de l’AES.
La Confédération des États du Sahel dénonce une violation grave du droit international et appelle le Conseil de sécurité de l’ONU à assumer pleinement ses responsabilités.
La Confédération des États du Sahel (AES) a vivement condamné, dans un communiqué officiel publié ce jeudi 8 janvier, l’attaque armée des États-Unis d’Amérique contre la République bolivarienne du Venezuela, dénonçant une violation flagrante de la souveraineté et du droit international.
Selon le communiqué signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de l’AES, l’organisation dit avoir suivi avec une « vive préoccupation » des informations faisant état d’une opération militaire américaine sur le territoire vénézuélien, ayant conduit à l’enlèvement illégal du président Nicolás Maduro et de son épouse.
Rappelant les principes fondamentaux du droit international, l’AES souligne que le recours à la force armée contre un État souverain constitue une ingérence inacceptable dans ses affaires intérieures et un acte d’agression, en contradiction avec la Charte des Nations Unies.
La Confédération condamne avec fermeté ce qu’elle qualifie d’« acte grave », dénonçant en particulier le recours unilatéral à la force par un membre permanent du Conseil de sécurité, qu’elle considère comme un facteur aggravant de la fragilisation de l’ordre international et une menace directe pour la stabilité mondiale.
Face à cette situation, l’AES appelle le Conseil de sécurité des Nations Unies à assumer pleinement sa responsabilité en matière de paix et de sécurité internationales, en condamnant clairement l’action militaire incriminée et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale. Elle réaffirme par ailleurs son attachement à un ordre mondial fondé sur l’égalité souveraine des États, le multilatéralisme et le respect strict du droit international.
Enfin, la Confédération des États du Sahel exprime sa solidarité avec le peuple vénézuélien, estimant que sa souveraineté a été bafouée, et réitère son engagement en faveur de la sécurité collective et de la paix internationale.
L’Alliance des États du Sahel (AES) est issue de la Charte du Liptako-Gourma, signée le 16 septembre 2023, en réponse aux crises sécuritaires persistantes et aux influences occidentales perçues comme néocoloniales. Elle regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Formée en 2023 par les autorités militaires au pouvoir dans ces pays, après leur retrait de la CEDEAO, l’AES ambitionne de renforcer la souveraineté régionale et de faire face aux menaces sécuritaires, tant internes qu’extérieures.