La crise de l’eau qui frappe Nouakchott depuis plus de deux semaines continue de provoquer une onde de choc politique et sociale. Au cœur de la tempête : la ministre mauritanienne de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Amal Mint Mouloud, désormais sous le feu des critiques.
Mercredi, les députés de l’opposition ont organisé un sit-in symbolique devant le siège du ministère, dénonçant une situation jugée « catastrophique » et une « passivité inacceptable » du gouvernement face à la pénurie d’eau potable qui affecte durement des milliers de foyers.
Ils ont exigé, de manière unanime, la démission immédiate de la ministre, estimant qu’aucune mesure préventive ou d’urgence n’a été prise pour anticiper ni soulager les coupures prolongées qui touchent les quartiers populaires comme les zones périphériques de la capitale.
La contestation dépasse désormais le cadre institutionnel. Dans les rues, de nombreux citoyens ont manifesté spontanément devant les locaux de la Société Nationale de l’Eau (SNDE), pointant du doigt l’échec de la gouvernance dans le secteur de l’eau. Certains manifestants sont allés jusqu’à bloquer temporairement les accès aux installations de la société, pendant que d’autres scandaient des slogans réclamant justice et responsabilité.
« L’eau est un droit, pas un luxe ! », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants.
Face à l’intensification des protestations, plusieurs organisations de la société civile se sont également jointes aux appels à la démission de la ministre, dénonçant une gestion chaotique, un manque de transparence et l’absence de communication officielle autour de la situation.
En parallèle, des initiatives citoyennes et solidaires se multiplient pour venir en aide aux populations affectées. Mais ces gestes ne suffisent pas à éteindre la colère grandissante d’une population excédée par des années de promesses non tenues et une crise qui ne cesse de s’aggraver.
Pour l’opposition, cette situation illustre de manière criante les défaillances structurelles du secteur hydraulique en Mauritanie, et souligne l’urgence d’une réforme en profondeur, à commencer par un changement à la tête du ministère.