Photos de soldats mauritaniens tués
Depuis plus de trois décennies, les Mauritaniens célèbrent le 28 novembre d’une part dans l'euphorie et la fierté et d'autre part dans la commémoration et le deuil à cause d’une injustice qui est restée impunie et qui a été commis sous le commandement de l'ancien chef de l'État Maouiya Ould Sid' Ahmed Taya aujourd'hui en exil au Qatar suite au coup d'État qui l'a renversé en mars 2005.
Ce jeudi 28 novembre 2024, la Mauritanie célèbre son 64ᵉ anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale dans un contexte (encore) particulier marqué par les événements malheureux ayant conduit à l’assassinat de 28 soldats négro-mauritaniens il y a plus de trente ans.
Pour cela, la célébration de la fête nationale en Mauritanie reste toujours un sujet d’actualité sensible. En effet, ce jour divise les mauritaniens depuis le 28 novembre 1990 où un groupe de 28 militaires négro-mauritaniens ont été pendus à Inal (nord) la veille du 27 au 28 novembre 1990 pour la commémoration de l'indépendance de la Mauritanie, sous le commandement de l'ancien chef de l'État Maouiya Ould Sid' Ahmed Taya, sans compter les différentes tueries et tortures qui avaient eu lieu dans plusieurs camps militaires et fosses communes dans toute l'étendue du territoire national.
Dès lors, cette date du 28 novembre divise le peuple mauritanien, car elle a été profanée par ces actes barbares. Au fil des ans les familles des victimes continuent de revendiquer la justice pour leurs proches, des manifestations sont généralement organisées chaque année dans certaines localités au sud du pays notamment à Bababé, à Kaédi pour commémorer et réclamer la justice, des manifestations souvent durement réprimées par les autorités mauritaniennes.
L’activiste des droits de l’Homme et député mauritanien, Khally Mamadou Diallo appelle ses collègues à agir ensemble pour l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993.
« En novembre, mois où la Mauritanie célèbre son accession à la souveraineté, nous devrions nous rassembler dans une allégresse nationale, célébrer avec fierté notre histoire et notre indépendance. Mais pour de nombreuses familles mauritaniennes, ce mois est devenu synonyme de douleur et de deuil, a-t-il déclaré.
« Pour parvenir à une réconciliation authentique, cette page sombre de notre histoire doit être revisitée avec transparence et rigueur. Il est urgent, pour la dignité de notre nation, que les familles des victimes aient accès à la vérité, toute la vérité. C’est en situant les responsabilités que nous pourrons enfin réconcilier notre peuple et honorer les défunts avec le respect et la reconnaissance qu’ils méritent », a-t-il ajouté.
« Le chemin vers la paix, la véritable paix, passe par la reconnaissance des fautes, la recherche sincère de la justice et une volonté politique ferme, incorruptible et déterminée », a-t-il conclu.
Pour rappel, une loi d'amnistie de 1993, activée par l'ancien dictateur, Maouiya Ould Sid'Ahmed Taya empêche toute enquête, toute plainte et tout procès contre les forces armées et de sécurité qui ont commis des exactions contre la communauté négro-mauritanienne.