Le Premier ministre sénégalais a vivement réagi à l’escalade militaire au Moyen-Orient impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Lors d’une intervention en ligne ce dimanche 1er mars 2026, Ousmane Sonko a dénoncé une dérive du système international et alerté sur les conséquences économiques mondiales, notamment pour l’Afrique.
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, s’est exprimé ce dimanche 1er mars dans l’après-midi lors d’une séance de questions-réponses en direct sur les réseaux sociaux. Réagissant à l’escalade militaire au Moyen-Orient, marquée par des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran fin février 2026, il a dénoncé une « liquidation du droit international ».
Qualifiant ces opérations de « guerre » menée sans mandat des Nations unies, le chef du gouvernement estime qu’il s’agit d’une remise en cause profonde des règles qui encadrent les relations internationales.
« Nous sommes, depuis un an, dans une situation de liquidation du droit international où un pays peut se donner le droit, à tout moment, de kidnapper des présidents, de s’attaquer à d’autres pays, d’asphyxier des États. (…) Un pays, sans résolution ni mandat de l’ONU, peut décider de frapper d’autres pays, d’assassiner leurs dirigeants ; cela est extrêmement grave. »
À travers cette sortie, Ousmane Sonko met en cause la capacité de la communauté internationale à faire respecter les principes de souveraineté et de légalité internationale. Selon lui, l’absence de réaction ferme face aux interventions unilatérales ouvre la voie à une normalisation des actions militaires sans cadre multilatéral.
Le Premier ministre estime que cette dynamique affaiblit durablement l’ordre mondial et expose les pays les plus vulnérables à des décisions prises en dehors de tout consensus international.
Au-delà de l’aspect diplomatique et sécuritaire, Ousmane Sonko a également mis en garde contre les répercussions économiques de la crise. Il a évoqué notamment le rôle stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transiterait entre 30 % et 40 % des hydrocarbures mondiaux, soulignant que toute perturbation majeure pourrait entraîner une flambée des prix du carburant et des denrées, avec des conséquences directes pour le Sénégal et les économies africaines.
Dans son intervention, il a appelé les pays africains à renforcer leur unité et à se positionner davantage sur la scène internationale, déplorant ce qu’il considère comme une marginalisation du continent dans les grandes dynamiques géopolitiques actuelles.