Adopté en Conseil des ministres le 18 février 2026, le texte modifie le Code pénal sénégalais et pourrait renforcer les sanctions prévues par l’article 319, dans un contexte marqué par une affaire judiciaire très médiatisée.
Le gouvernement du Sénégal a adopté, mercredi 18 février 2026, un projet de loi modifiant le Code pénal (loi n°65-60 du 21 juillet 1965). Le texte porte notamment sur l’article 319, disposition qui encadre les « actes contre nature » et qui constitue la base juridique actuelle de la pénalisation de l’homosexualité dans le pays.
En l’état, l’article 319 prévoit des peines allant d’un à cinq ans d’emprisonnement ainsi qu’une amende pour « acte impudique ou contre nature » commis avec une personne du même sexe. Le nouveau projet viserait à renforcer ce dispositif, en élargissant le champ des infractions et en alourdissant les sanctions, certaines propositions antérieures ayant évoqué des peines pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison.
À ce stade, il ne s’agit toutefois que d’un projet de loi. Le texte devra être examiné et voté par l’Assemblée nationale avant toute promulgation.
Ce durcissement intervient dans un climat tendu, marqué par l’arrestation début février 2026 de l’animateur Pape Cheikh Diallo, présentateur de « Quartier Général » sur TFM. Douze personnes seraient poursuivies dans cette affaire pour association de malfaiteurs, actes contre nature au sens de l’article 319, mise en danger d’autrui et transmission volontaire du VIH. L’affaire, très médiatisée, a ravivé les appels au renforcement de la législation.
La question figurait déjà parmi les engagements évoqués durant la campagne électorale par Ousmane Sonko, aujourd’hui Premier ministre. Reste désormais à savoir quelle sera la position de l’Assemblée nationale lors de l’examen du texte.