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Société

Khadija Hammadi El Arbi, Représentant la délégation officielle et conseillère à l’ambassade de Mauritanie en Suisse.

Genève : l’État mauritanien réaffirme son engagement en faveur de la diversité et des droits des minorités

À Genève, la Mauritanie met en avant ses réformes en matière de droits humains et défend son modèle d’inclusion, tandis que des voix de la société civile dénoncent des discriminations persistantes.

La Mauritanie a pris part, vendredi 28 novembre 2025, aux travaux du Forum des minorités organisé à Genève autour du thème : « La contribution des minorités à la construction de sociétés diverses, dynamiques et pacifiques ».
Au nom de la délégation mauritanienne, Mme Khadija Hammadi El Arbi, conseillère à l’ambassade de Mauritanie en Suisse, a livré une intervention mettant en avant les efforts du pays pour promouvoir l’inclusion, la cohésion nationale et la protection des droits des minorités, rapporte l’Agence mauritanienne d’Information (AMI). 

S’adressant aux participants, la diplomate a souligné l’attachement de la Mauritanie à ses valeurs de diversité culturelle, linguistique et communautaire, insistant sur la nécessité d’assurer une participation équitable de toutes les composantes nationales dans le développement et la paix.

Elle a affirmé que l’État a engagé plusieurs chantiers structurants, dont la Stratégie nationale de promotion et de protection des droits de l’homme (2024-2028), l’amélioration de l’accès aux services publics, le renforcement de l’éducation inclusive, la consolidation de l’indépendance de la justice et une coopération accrue avec les mécanismes onusiens des droits humains.

Répondant aux critiques internationales, Mme Khadija Hammadi El Arbi a rejeté les allégations relatives à des pratiques discriminatoires ou à des violations persistantes, soulignant que les lois mauritaniennes criminalisent l’esclavage et protègent l’égalité, tandis que les enjeux humanitaires sont gérés dans des mécanismes nationaux d’équité et de réconciliation. Elle a également réaffirmé le respect de la liberté d’expression et de réunion dans le cadre des textes en vigueur.

Cette prise de position intervient alors que, la veille, le militant antiesclavagiste Biram Dah Abeid, président de l’IRA, s’est exprimé dans un événement parallèle à Genève, dénonçant ce qu’il qualifie de discriminations enracinées à l’encontre des Haratin et des communautés d’ascendance subsaharienne. Il a estimé que la situation n’a fait que se détériorer depuis quinze ans, évoquant un système fondé sur l’exclusion, l’impunité et la captation des richesses.

Il a dénoncé la spoliation foncière, la corruption, le tribalisme, les restrictions pesant sur l’opposition, ainsi que les obstacles imposés à des formations politiques telles que le RAG, les FPC, DECKALEM ou encore le CR. Il affirme également être lui-même victime de campagnes de diffamation malgré ses distinctions internationales.

Biram Dah Abeid a conclu en annonçant son retour en Mauritanie le 10 décembre prochain, invitant la communauté internationale à observer la réaction des autorités. Son intervention a ajouté une dimension contrastée au message de la délégation officielle mauritanienne.

Le Forum de Genève a ainsi révélé deux visions opposées : l’une portée par l’État, mettant en avant les réformes entreprises, et l’autre défendue par certains acteurs de la société civile, dénonçant des discriminations persistantes. Cette confrontation souligne l’importance d’un dialogue continu pour renforcer la justice, l’inclusion et la cohésion nationale en Mauritanie.

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