L’Assemblée plénière du programme Graines de Citoyenneté réunit à Nouakchott plus de 200 jeunes venus des 12 régions du pays pour dresser le bilan de trois années d’actions et tracer les perspectives d’un engagement citoyen durable en Mauritanie.
L’Espace Jeunes d’El Mina, à Nouakchott, abrite du 29 au 30 octobre 2025 la troisième Assemblée plénière du programme Graines de Citoyenneté. Ce rendez-vous national réunit plus de 200 participants issus des 12 régions du pays, de la diaspora, des collectivités locales et de la société civile. Objectif : dresser le bilan triennal (2022-2025), valoriser les initiatives territoriales et tracer les perspectives pour la phase II du programme (2026-2029).
Lancé en 2022, Graines de Citoyenneté œuvre à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes mauritaniens et à faire des organisations de la société civile (OSC) des acteurs clés du développement local. Soutenu par l’Union européenne, l’AFD, le CCFD Terre Solidaire, la Région Centre-Val de Loire et le Secours Catholique, le programme collabore étroitement avec le Commissariat aux Droits de l’Homme (CDHAHRSC) et le ministère de la Jeunesse (MAJESSC).
En trois ans, Graines de Citoyenneté a appuyé 197 organisations à travers les fonds Émergence et Consolidation, mobilisant plus de 1,18 million d’euros. Les projets financés couvrent la promotion des droits des femmes, l’insertion professionnelle, l’expression citoyenne, l’environnement et la migration.
Interrogé par TRUST, Mohamedou Comou Ba, animateur territorial du Guidimakha au sein du GRDR, a salué les résultats tangibles du programme : « Depuis le lancement de Graines de Citoyenneté, plusieurs résultats marquants ont été obtenus en matière d’engagement des jeunes et de renforcement des organisations de la société civile », a-t-il déclaré.
Selon lui, « on constate une implication croissante des jeunes dans la vie citoyenne et communautaire. Ils s’engagent désormais aux côtés des collectivités pour concevoir et mettre en œuvre des initiatives porteuses de changement »
Le responsable a également souligné que « le programme a favorisé l’émergence d’une dynamique associative forte, marquée par la structuration de nombreuses associations de jeunes, désormais capables de monter des projets en lien direct avec les Objectifs de développement durable (ODD) »
« Par ailleurs, il a permis un accompagnement renforcé des collectivités territoriales et facilité les démarches administratives pour les initiatives portées par les jeunes », a-t-il poursuivi, avant de conclure que « Graines de Citoyenneté a permis d’ancrer une culture d’engagement et de responsabilité citoyenne, tout en consolidant le tissu associatif et la collaboration entre les acteurs ».
Ce témoignage illustre la portée concrète du programme sur le terrain : autonomisation, renforcement des capacités et émergence d’une jeunesse actrice du développement local.
En trois ans, le programme affiche des chiffres significatifs :
– 73 sessions de formation et plus de 250 réunions techniques organisées
– 31 membres au Comité de pilotage et 157 organisations adhérentes
– 166 “Thés Palabres” et 11 Journées Portes Ouvertes ayant mobilisé plus de 2 000 jeunes ;
– 30 000 € par territoire via les Fonds Synergies Territoriaux pour des actions sur l’emploi, l’éducation des jeunes filles ou la participation citoyenne.
Selon l’étude “Être jeune en Mauritanie” (2024), 70 % de la population a moins de 35 ans, mais près d’un jeune sur deux reste sans emploi stable. Le programme tente d’apporter des réponses concrètes en favorisant la formation, le dialogue intergénérationnel et la gouvernance participative.
En marge de l’Assemblée, l’exposition “Jeunesses mauritaniennes plurielles”, réalisée par Fatoumata Diabaté et Nora Le Jean, met en lumière les récits et visages de jeunes engagés à travers 12 régions. Citoyenneté, égalité de genre, environnement et créativité constituent les fils conducteurs de cette œuvre collective.
Les discussions de cette Assemblée aboutiront à la désignation d’un nouveau Comité de pilotage et à l’adoption de résolutions pour renforcer la pérennisation du soutien aux OSC, la reconnaissance de l’économie sociale et solidaire, l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques locales et la coopération entre collectivités et diaspora.