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Société

Mauritanie – Guidimakha : des convertis mauritaniens demandent un cimetière chrétien

Trois Mauritaniens convertis au christianisme ont officiellement sollicité des autorités locales la création d’un cimetière réservé aux chrétiens dans la région (wilaya) de Guidimakha. Dans une lettre datée du 24 juillet 2025 et adressée au gouverneur (wali), Adama Diallo, Abou Bah et Oumar Sow invoquent la nécessité de garantir le respect des rites funéraires chrétiens, après une série d’incidents récents.

Cette requête intervient dans un climat local tendu, quelques mois après l’exhumation controversée du corps d’un homme malien présenté comme chrétien, inhumé dans un cimetière musulman à Sélibaby. L’affaire, largement relayée sur les réseaux sociaux, avait provoqué une onde de choc dans l’opinion publique. Des images montrant la dépouille traînée hors du cimetière avaient suscité une vague d’indignation, tant pour l’atteinte à la dignité humaine que pour le climat d’intolérance religieuse qu’elle révélait. Plusieurs responsables administratifs et sécuritaires avaient été démis de leurs fonctions à la suite de cet incident.

Déjà en novembre 2023, la région avait été secouée par la diffusion d’une vidéo montrant une cérémonie de baptême chrétien à Sélibaby, au cours de laquelle des chants en langues nationales glorifiaient la foi chrétienne. Plusieurs personnes avaient été arrêtées, soupçonnées de prosélytisme, avant d’être relâchées sans poursuites. L’un des participants avait déclaré avoir été motivé par des considérations financières liées à la maladie d’un enfant.

Ces événements successifs révèlent la fragilité du vivre-ensemble religieux dans certaines régions du pays. En Mauritanie, République islamique à population quasi exclusivement musulmane, les conversions sont rares et demeurent socialement sensibles. Selon Vatican News, la communauté chrétienne est estimée à environ 4 500 fidèles, tous de nationalité étrangère. La liberté de culte y est garantie, mais les restrictions autour du prosélytisme restent particulièrement strictes.

L’appel des trois convertis mauritaniens relance donc un débat de fond sur la tolérance religieuse, la gestion des minorités et le respect de la dignité des défunts, quelle que soit leur foi. À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été émise par les autorités sur cette nouvelle demande.

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