Le 1er juillet 2025 marque une date de deuil et de mémoire pour la ville de Kaédi, dans le sud de la Mauritanie. Un an après les manifestations post-électorales de 2024, la douleur reste vive. Ce jour-là, des centaines de jeunes étaient descendus dans les rues pour célébrer, sur la base d’une rumeur, une victoire supposée de l’opposant Biram Dah Abeid à l’élection présidentielle.
Mais l’euphorie populaire a rapidement cédé la place au chaos. La répression violente menée par les forces de l’ordre a fait plusieurs victimes : au moins six morts selon des sources locales, trois selon le ministère de l’Intérieur, ainsi que des centaines d’arrestations. La plupart des victimes étaient de jeunes manifestants, engagés en faveur de l’alternance démocratique.
Un an après, Kaédi n’a rien oublié. Le souvenir des jeunes tombés ce jour-là hante encore les esprits, et les familles attendent toujours justice et vérité. Le silence des autorités contraste avec la détermination des proches des victimes, qui continuent à réclamer que lumière soit faite.
Dans une déclaration exclusive accordée à TRUST Magazine, le député Khally Diallo a tenu à rendre hommage aux victimes et à dénoncer l’impunité.
Il a d’abord affirmé que « l’assassinat des jeunes de Kaédi ne doit jamais rester impuni », ajoutant que « peu importe le temps que cela prendra, ceux qui sont suspectés de cet acte odieux doivent être traduits en justice ».
Le député a insisté sur les conséquences du silence officiel, estimant que « l’impunité ne fait qu’aggraver la douleur des familles et compromet la paix sociale ». Il a exprimé sa solidarité envers les proches des victimes : « Nos pensées vont à ces familles courageuses, qui continuent, malgré tout, à demander justice avec dignité », a-t-il déclaré.
Plus largement, Khally Diallo a appelé la Mauritanie à tirer les leçons de son passé. Pour lui, « cela commence par l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles », a-t-il indiqué, soulignant qu’un tel processus est « essentiel pour restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions ».
Revenant sur le contexte politique, le député a exprimé sa préoccupation face à « un net recul démocratique depuis 2019 ». Il a dénoncé des élections organisées dans l’opacité, sans contrôle indépendant, et sous la domination d’un parti-État agissant selon ses propres intérêts.
Il a également pointé du doigt le rôle ambigu de certains partenaires internationaux, qu’il a qualifiés de « passifs, parfois complices », face à ces dérives. Une posture qu’il juge « regrettable » et « inacceptable », a-t-il martelé.
Sur le plan institutionnel, Khally Diallo a remis en cause l’indépendance de la CENI, estimant qu’il est « plus que nécessaire de revoir son rôle ». Il a aussi appelé à « repenser le fonctionnement du ministère de l’Intérieur », accusé d’agir comme « un instrument politique », alors qu’il devrait garantir la neutralité de l’État, non seulement en parole, mais aussi dans les faits », a-t-il précisé.
En conclusion, le député a reconnu que « le chemin vers la justice, la vérité et une démocratie sincère reste long », mais a exhorté les citoyens à ne pas baisser les bras.
« La voix du peuple mauritanien mérite d’être entendue et respectée », a-t-il conclu.