Les trois principaux pôles de l’opposition mauritanienne ont tenu, dimanche 5 juillet à Nouadhibou, un grand meeting populaire au cours duquel leurs dirigeants ont vivement critiqué la politique du gouvernement. Cherté de la vie, pénurie d’eau, libertés publiques, pêche et corruption ont dominé les interventions de Hamadi Ould Sidi El Mokhtar, Mohamed Ould Maouloud et Biram Dah Abeid.
Les trois principales composantes de l’opposition mauritanienne – l’Institution de l’opposition démocratique, la Coalition de l’opposition démocratique et la Coalition pour l’alternance démocratique – ont organisé, dimanche 5 juillet, un grand meeting à Nouadhibou, la capitale économique du pays.
Prenant la parole devant une foule de sympathisants, le chef de l’Institution de l’opposition démocratique et président du parti Tewassoul, Hamadi Ould Sidi El Mokhtar, a affirmé que l’opposition s’était déplacée pour exprimer sa solidarité avec les habitants de Nouadhibou confrontés à la dégradation de leurs conditions de vie et, plus largement, avec l’ensemble du peuple mauritanien.
Il a accusé le gouvernement d’avoir échoué dans sa gestion économique, estimant que le régime avait privilégié la hausse des prix au détriment des citoyens malgré les propositions formulées par l’opposition. Il a également dénoncé la détérioration des services publics, les restrictions des libertés et ce qu’il a qualifié de répression visant des militants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), dont son président Biram Dah Abeid.
De son côté, le président de la Coalition de l’opposition démocratique et dirigeant de l’Union des forces de progrès (UFP), Mohamed Ould Maouloud, a attribué la crise de l’eau à Nouadhibou à la corruption. Selon lui, l’État dispose des ressources financières et des solutions techniques nécessaires, mais la mauvaise gouvernance empêcherait toute résolution durable de cette crise.
Il a appelé les Mauritaniens à l’unité, estimant que « la soif, la faim et le chômage » sont des problèmes communs qui nécessitent une mobilisation collective.
Le président de la Coalition pour l’alternance démocratique 2029 et député, Biram Dah Abeid, a, quant à lui, dénoncé la situation environnementale et économique de Nouadhibou. Il a accusé le pouvoir de favoriser des intérêts privés dans l’exploitation des ressources halieutiques, affirmant que la pêche profite à des réseaux privilégiés au détriment des populations locales et des pêcheurs.
Selon lui, les habitants de Nouadhibou souffrent d’un manque d’accès aux soins, à l’emploi, à l’éducation et à l’eau potable. Il a également critiqué la hausse des prix des carburants et la baisse des revenus des pêcheurs, tout en accusant le régime d’avoir dégradé la gestion des ressources du pays.
À travers ce meeting, les trois pôles de l’opposition ont appelé à l’amélioration des conditions de vie des Mauritaniens, au renforcement des services publics, à la lutte contre la corruption, au respect des libertés publiques et à une meilleure gouvernance. Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par la cherté de la vie et les difficultés d’accès à l’eau et à l’électricité dans plusieurs régions du pays.