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Sécurité et Conflits

CEDEAO : les chefs d’état-major planifient le déploiement de la Force en attente face aux menaces terroristes

Réunis à Freetown, en Sierra Leone, les hauts gradés des pays membres de la CEDEAO ont défini les contours opérationnels et stratégiques de la Force en attente, prévue pour renforcer la sécurité régionale face aux groupes jihadistes.

Les chefs d’état-major des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont retrouvés du 24 au 27 février 2026 à Freetown, sous l’impulsion du président sierra-léonais Julius Maada Bio, actuellement en exercice à la tête de l’organisation régionale. Cette rencontre avait pour objectif de discuter de la mise en place et de l’opérationnalisation de la Force en attente, mécanisme militaire régional destiné à faire face aux menaces terroristes croissantes dans la sous-région.

Le général Amara Idara Bangura, chef d’état-major des forces armées sierra-léonaises, a souligné que tous les pays membres soutiennent un déploiement rapide de la force. Le commandement de l’opération a été confié au général Cheikh Sulaiman Massaquoi pour une durée de trois ans.

La Force en attente prévoit initialement la mobilisation d’un contingent de 1 650 à 2 000 soldats en 2026, avec pour mission principale de contrer l’expansion des groupes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda vers les zones côtières ouest-africaines. Les discussions ont également insisté sur la nécessité d’un autofinancement régional, afin de garantir l’autonomie stratégique de la force et de réduire la dépendance aux aides extérieures.

À terme, la CEDEAO ambitionne d’atteindre une capacité opérationnelle d’environ 5 000 hommes, avec une intégration possible à la Force africaine en attente de l’Union africaine. Cette initiative marque une étape majeure dans la consolidation de la sécurité collective en Afrique de l’Ouest et dans la lutte coordonnée contre le terrorisme transfrontalier.

La coopération avec l’Alliance des États du Sahel (AES) — formée par le Mali, le Niger et le Burkina Faso après leur retrait de la CEDEAO — a été un point sensible, avec un appel à une coordination sécuritaire concertée malgré les divergences institutionnelles. Plusieurs participants ont plaidé pour une collaboration étroite entre la CEDEAO et l’AES sur la lutte antiterroriste, reconnaissant que les menaces jihadistes transcendent les frontières et les recompositions politiques, soulignant ainsi la nécessité d’une approche unie pour mobiliser les ressources internes des États membres et garantir l’efficacité de la Force en attente.

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