Réunis à Niamey pour la 5e session de leur Commission mixte, le Niger et le Maroc consolident leur coopération à travers la signature de plusieurs accords. À la clé : des mesures structurantes couvrant des secteurs stratégiques, avec l’ambition de bâtir un partenariat renforcé, orienté vers le développement économique, la sécurité et l’intégration régionale.
Niamey a accueilli, les 7 et 8 avril 2026, la 5e session ministérielle de la Commission mixte de coopération nigéro-marocaine, marquant une étape importante dans le renforcement des relations entre les deux pays. Les travaux ont été co-présidés par le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, et son homologue marocain, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.
Organisée au Centre international de conférences Mahatma Gandhi, cette rencontre de haut niveau a été précédée par une réunion d’experts ayant permis d’évaluer l’état d’avancement des projets en cours et d’identifier de nouvelles pistes de collaboration.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre nigérien Bakary Yaou Sangaré a souligné que cette session dépasse le cadre d’un simple exercice diplomatique. Selon lui, elle constitue « une étape majeure pour réaffirmer les relations historiques » entre Niamey et Rabat, tout en traduisant une volonté commune de hisser leur coopération à un niveau stratégique multidimensionnel.
De son côté, le ministre marocain Nasser Bourita a insisté sur l’importance de cette plateforme pour dynamiser le dialogue politique et élargir les champs de coopération, en réponse aux aspirations de développement des deux nations. Il a également réaffirmé l’engagement du Maroc en faveur de la coopération Sud-Sud, qu’il a qualifiée de pilier central de la politique étrangère du Royaume.
À l’issue des travaux, les deux parties ont procédé à la signature de quatorze conventions et mémorandums d’entente couvrant un large éventail de secteurs stratégiques. Parmi ceux-ci figurent notamment les transports (routier et ferroviaire), la logistique, les infrastructures, le commerce, l’industrie, l’agriculture, l’habitat, ainsi que la coopération judiciaire et la formation professionnelle. Ces accords traduisent une volonté commune de diversifier les axes de partenariat et de favoriser une intégration économique plus poussée entre les deux pays.
Le ministre marocain Nasser Bourita a également mis en avant plusieurs initiatives structurantes portées par le Royaume, notamment celles visant à renforcer l’intégration continentale et à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique. Des projets qui, selon lui, s’inscrivent dans une vision globale de développement partagé et de stabilité régionale.
Au-delà des enjeux économiques, la coopération sécuritaire a également occupé une place centrale dans les échanges. Le Maroc a réaffirmé sa solidarité avec le Niger dans sa lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, saluant la résilience des forces nigériennes face aux menaces persistantes.
Dans ce cadre, Nasser Bourita a évoqué l’importance de la formation religieuse, notamment à travers les programmes de l’Institut Mohammed VI, qui contribuent à la prévention de la radicalisation.
Par ailleurs, le rôle du secteur privé marocain au Niger a été salué, notamment dans les domaines bancaire, des télécommunications et du transport aérien. Les deux parties ont exprimé leur volonté de renforcer ces investissements et d’explorer de nouvelles opportunités économiques.
Enfin, les deux ministres ont insisté sur la dimension humaine de la coopération, mettant en avant les échanges académiques, culturels et les programmes de bourses destinés aux étudiants nigériens.