Face à l’émotion suscitée par la mort tragique de la jeune Fatimata Hamadi Bâ, le député Khally Mamadou Diallo appelle à lever les blocages autour du projet de loi Kaarama, dénonçant une impunité persistante et une protection insuffisante des femmes en Mauritanie.
La réaction politique n’a pas tardé après le drame qui a bouleversé Nouakchott. Dimanche 19 avril 2026, le député Khally Mamadou Diallo est monté au créneau à la suite du viol et meurtre présumés de Fatimata Hamadi Bâ, qualifiant cette affaire d’« énième victime de violences atroces » et pointant du doigt les défaillances du système de protection.
Dans une déclaration ferme, l’élu dénonce une insécurité persistante et une absence de réponse dissuasive face aux crimes visant les femmes : « Sortir pour assister à un mariage et finir dans un linceul (…) Aucune protection, aucune sécurité. »
Au-delà de l’émotion, Khally Diallo met en cause l’inaction législative, accusant « une majorité de députés de l’INSAV et d’autres partis soutenant le pouvoir » de bloquer l’adoption de la loi Kaarama, un texte qu’il juge pourtant « essentiel pour garantir la dignité et la protection des femmes ».
Une loi au cœur des tensions
Le projet de Loi Kaarama visant à renforcer l’arsenal juridique contre les violences basées sur le genre reste enlisé dans des débats politiques et sociétaux depuis plusieurs années. Pensé comme un levier contre l’impunité, il continue de diviser entre partisans d’un cadre juridique renforcé et opposants invoquant des considérations religieuses et sociales.
Pour le député, l’absence d’adoption de ce texte contribue directement à la répétition des drames : « Tant que des criminels (…) sortiront de prison sans réelle sanction (…) ces crimes continueront. Cette impunité alimente la répétition de l’horreur. »
Une onde de choc nationale
Le meurtre présumé de la jeune fille, enlevée alors qu’elle se rendait à un mariage avant d’être retrouvée sans vie dans un hangar à Dar Naïm, a provoqué une vague d’indignation à travers le pays. Artistes, militants et acteurs de la société civile ont multiplié les appels à la justice et à des mesures concrètes pour renforcer la sécurité des femmes.
Dans ce contexte, Khally Diallo appelle à dépasser les déclarations de principe : « Il est temps d’arrêter de se lamenter. Il est temps de s’engager (…) et de défendre concrètement les droits et la sécurité de nos sœurs. »
Alors que l’enquête se poursuit et que les auteurs présumés restent introuvables, cette affaire relance avec acuité la question de la responsabilité des institutions, entre impératif sécuritaire et urgence législative.