Nouha Mohamed, 11 ans, présentée par l’IRA comme victime présumée d’esclavage.©Images/IRA
L’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) dénonce les condamnations prononcées contre six de ses militants dans une affaire liée au signalement d’un cas présumé d’esclavage impliquant une fillette de 11 ans. Trois d’entre eux ont écopé de quatre ans de prison ferme.
Dans un communiqué publié le 17 août 2026, l’IRA condamne avec fermeté la décision du tribunal pénal de Nouakchott-Nord dans l’affaire concernant Nouha Mohamed, une mineure âgée de 11 ans.
Selon l’organisation, Abdallahi Abou Diop, Bounas Hmeida et Elhaj Elid ont été condamnés à quatre ans de prison ferme. Lalla Vatma, Rachida Saleck et Mohamed Vadel ont, pour leur part, écopé d’un an d’emprisonnement, dont cinq mois ferme et sept mois avec sursis. L’IRA précise que ces derniers ont depuis recouvré leur liberté, une partie de leur peine ayant déjà été purgée.
L’IRA affirme que les poursuites sont liées à l’enregistrement vidéo du témoignage de la jeune fille. Selon le mouvement, Nouha Mohamed aurait décrit des travaux forcés et des corvées, sa séparation d’avec sa mère et ses frères ainsi que son éloignement de l’école.
L’organisation affirme avoir transmis le témoignage aux autorités judiciaires et considère que les faits dénoncés doivent faire l’objet d’une enquête approfondie.
Le tribunal a retenu contre les militants le fait d’avoir filmé la mineure sans son consentement, dans le but allégué de publier les images et de nuire aux personnes mises en cause. Cette affaire avait déjà conduit à l’arrestation et aux poursuites de plusieurs membres de l’IRA après le signalement, en février dernier, d’un cas présumé d’esclavage. (webdo)
Dans son communiqué, l’IRA estime que la question liée à l’enregistrement ne doit pas occulter celle de la protection de la mineure et de la vérification des faits dénoncés. Le mouvement accuse les autorités judiciaires de sanctionner les lanceurs d’alerte plutôt que de rechercher les responsabilités liées aux faits qu’ils affirment avoir signalés.
L’organisation demande notamment une protection effective et immédiate de Nouha Mohamed, une vérification indépendante de sa situation et l’ouverture d’une enquête approfondie sur les faits présumés d’esclavage.
IRA réclame également le réexamen, en appel, des peines prononcées contre les militants, ainsi que la protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte qui dénoncent des pratiques esclavagistes.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’IRA, dirigée par l’opposant et député Biram Dah Abeid, et les autorités mauritaniennes. Des organisations de défense des droits humains ont également exprimé des préoccupations concernant les poursuites engagées contre des militants de l’IRA après le signalement de cette affaire. (FIDH)
« Dénoncer l’esclavage ne constitue pas un crime », affirme l’IRA, qui assure vouloir poursuivre son combat contre l’esclavage et les violations des droits humains.