Moins de deux semaines après sa condamnation à trois ans de prison ferme pour offense au chef de l’État ivoirien, l’ancien député malien Mamadou Hawa Gassama a recouvré la liberté à la faveur d’une grâce présidentielle. Une décision qui intervient dans un contexte diplomatique sensible entre Abidjan et Bamako.
L’ancien député malien et membre du Conseil national de transition (CNT), Mamadou Hawa Gassama, a été libéré mardi à Abidjan après sept mois de détention. Sa remise en liberté fait suite à une mesure de grâce accordée par le président ivoirien Alassane Ouattara.
Incarcéré à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), Gassama purgeait une peine de trois ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de cinq millions de francs CFA. Il avait été reconnu coupable d’offense au chef de l’État, d’incitation à la haine et d’atteinte à la sûreté de l’État.
Arrêté le 30 juillet 2025 lors d’un séjour privé en Côte d’Ivoire, Mamadou Hawa Gassama était poursuivi pour des propos tenus sur les réseaux sociaux et dans des interventions médiatiques, dans lesquels il s’en était pris au président ivoirien. Ces déclarations, remontant à la période des sanctions de la CEDEAO contre le Mali à la suite des coups d’État militaires, avaient été jugées attentatoires aux institutions ivoiriennes.
Lors de son procès, tenu début janvier 2026, l’ancien parlementaire avait reconnu les faits et présenté des excuses publiques. Le parquet avait requis cinq ans de prison ferme avant que le tribunal ne prononce une peine de trois ans d’emprisonnement.
En droit ivoirien, seule une grâce présidentielle pouvait permettre sa libération après une condamnation devenue exécutoire. Un appel était en préparation par la défense au moment de l’annonce du décret présidentiel.
Son avocat, Me Mamadou Ismaïla Konaté, s’est félicité d’une « mesure de clémence » saluant une décision qu’il considère comme un geste d’apaisement.
Au-delà du volet judiciaire, cette libération intervient dans un climat marqué par des relations parfois tendues entre Bamako et Abidjan ces dernières années. Certains observateurs y voient un signal politique susceptible de contribuer à la décrispation entre les deux capitales.
Libre de ses mouvements, Mamadou Hawa Gassama tourne ainsi la page d’un épisode judiciaire qui aura suscité de nombreuses réactions au Mali comme en Côte d’Ivoire, ravivant les débats sur la liberté d’expression, la responsabilité des acteurs politiques et les équilibres diplomatiques en Afrique de l’Ouest.