Après la disparition brutale du général Sadio Camara, figure centrale de l’appareil sécuritaire malien, le président de la transition, Assimi Goïta, renforce son emprise directe sur les questions de défense et de sécurité nationale dans un contexte de forte pression militaire.
À la suite de la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, survenue le 25 avril 2026 lors d’attaques coordonnées attribuées à des groupes jihadistes, le président de la transition, le général Assimi Goïta, a repris personnellement la supervision stratégique de l’appareil militaire.
Le 29 avril, le chef de l’État malien a présidé une session exceptionnelle du Conseil supérieur de la Défense nationale. Cette réunion de haut niveau, organisée dans un climat sécuritaire particulièrement tendu, a abouti à l’adoption de seize orientations stratégiques visant à intensifier la riposte militaire sur l’ensemble du territoire.
Le 30 avril, Assimi Goïta a également présidé à Bamako les obsèques nationales du général Sadio Camara, lui remettant à titre posthume les insignes de général d’armée, dans une démonstration politique forte symbolisant la continuité du pouvoir militaire.
Parallèlement, les Forces armées maliennes (FAMa) ont multiplié les opérations offensives dans plusieurs zones sensibles, notamment à Sévaré, Kolokani, Kidal, Tombouctou et Kita. Selon l’état-major, ces interventions auraient permis de neutraliser plus d’une centaine de combattants en l’espace de quelques jours.
La disparition de Sadio Camara crée un vide majeur au sein du dispositif sécuritaire malien, mais elle semble également offrir à Assimi Goïta l’opportunité de centraliser davantage le pilotage de la défense nationale.
Alors que le parquet militaire poursuit ses enquêtes sur d’éventuelles complicités internes liées aux attaques, le Mali entre dans une nouvelle phase de sa transition, marquée par une concentration accrue du pouvoir militaire autour de son chef d’État.