news-details
infrastructures / développement

Pont de Rosso : les ministres mauritanien et sénégalais sur le terrain pour accélérer les travaux

En visite conjointe sur le chantier du pont de Rosso, les autorités mauritaniennes et sénégalaises ont réaffirmé leur volonté de respecter les délais de livraison de cet ouvrage stratégique, appelé à transformer durablement la mobilité et les échanges économiques entre les deux pays.

Le ministre mauritanien de l’Équipement et des Transports, Ely Ould El Veirick, accompagné de son homologue sénégalais en charge des Infrastructures, Déthié Fall, a effectué, ce samedi 31 janvier 2026, une visite de terrain sur le chantier du pont de Rosso, reliant la Mauritanie au Sénégal sur le fleuve Sénégal.

Cette visite s’inscrit dans le cadre des instructions données par les Premiers ministres des deux pays, à l’issue de récentes rencontres bilatérales, visant à renforcer le suivi politique et technique de ce projet structurant pour l’intégration régionale.

Un suivi rapproché pour lever les contraintes

Au cours de la visite, la délégation ministérielle a procédé à une inspection détaillée de l’état d’avancement des travaux, avant de tenir une réunion de travail avec l’unité de coordination du projet, l’entreprise chargée de l’exécution et les bureaux de contrôle et de supervision.

Les échanges ont permis d’identifier les principales difficultés techniques et organisationnelles, tout en arrêtant des mesures concrètes destinées à accélérer le rythme des travaux afin de respecter les engagements contractuels. Les ministres ont notamment insisté sur la nécessité d’un suivi régulier, à travers des réunions techniques périodiques et des visites de terrain conjointes.

Lancé il y a environ 30 mois, le projet vise une finalisation en juillet 2026, même si certaines sources évoquent une inauguration possible à l’horizon mars 2027, en raison des ajustements liés aux retards cumulés.

Un projet stratégique pour l’intégration régionale

Le pont de Rosso constitue l’un des projets d’infrastructures les plus emblématiques de la coopération mauritano-sénégalaise. Il mettra fin à la traversée fluviale par bac, souvent source de lenteurs, d’insécurité et de surcoûts logistiques.

Selon les projections, le trafic quotidien moyen, actuellement estimé à 115 véhicules, devrait atteindre 370 véhicules dès l’ouverture, puis plus de 3 200 véhicules par jour à l’horizon 2048. Cette évolution devrait stimuler significativement les échanges commerciaux, la mobilité des personnes et le transport de marchandises entre Nouakchott, Dakar et au-delà.

Des gains économiques et logistiques majeurs

L’ouvrage permettra de réduire d’environ deux heures le temps de trajet sur l’axe Nouakchott–Dakar (550 km), contribuant ainsi à la baisse des coûts de transport, à l’amélioration de la compétitivité des opérateurs économiques et à la fluidification des corridors routiers régionaux.

Le pont s’inscrit également dans la dynamique des grands corridors transafricains, notamment Tanger–Lagos et Alger–Dakar, tout en favorisant le désenclavement des régions du Trarza (Mauritanie) et de Saint-Louis (Sénégal).

Un financement international conséquent

Le coût global du projet est estimé entre 82 et 88 millions d’euros, soit environ 54 milliards de FCFA. Le financement est assuré majoritairement par la Banque africaine de développement (BAD) à hauteur de 53,5 %, avec la contribution de l’Union européenne et des États mauritanien et sénégalais.

Au-delà de l’infrastructure, ces investissements visent un retour économique durable, à travers la création d’activités connexes, le renforcement des échanges sous-régionaux et la consolidation de la cohésion sociale et économique entre les deux pays frères.
 

Partager ce post !