Interrogé sur le dossier du « passif humanitaire », le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a affirmé, vendredi soir, que des progrès ont été réalisés dans la recherche d’un règlement définitif de ce dossier, tout en réaffirmant son attachement à la réconciliation nationale et à la préservation de la mémoire des victimes.
Lors de sa conférence de presse avec les médias nationaux au Palais présidentiel, le chef de l’État a rappelé que l’unité nationale constitue, selon lui, l’un des fondements de la stabilité et du développement de la Mauritanie. Il a reconnu que le passé du pays avait laissé des blessures touchant des individus et certaines composantes de la société.
« Notre unité nationale constitue l’un des piliers fondamentaux de la sécurité, de la stabilité et du développement de notre pays. Il ne fait aucun doute que notre passé a laissé des blessures qui ont touché des individus et, parfois, des composantes de notre société. C’est dans cette optique que nous avons adopté une approche fondée sur l’apaisement et la réconciliation, visant à clore définitivement ce dossier, convaincus qu’aucun peuple ne peut construire son avenir en restant prisonnier des blessures de son passé », a déclaré Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.
Le président a indiqué avoir engagé plusieurs initiatives afin de parvenir à un règlement du dossier communément appelé en Mauritanie le « passif humanitaire ».
« J’ai pris un ensemble de mesures concrètes, en chargeant des personnalités de référence, aux côtés de la Commission des droits de l’homme, d’engager un dialogue avec les ayants droit afin de parvenir à un règlement définitif de ce dossier. Je me réjouis des progrès accomplis dans ce processus, même si certains détails restent encore à finaliser », a-t-il affirmé.
Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani s’est également dit confiant dans la capacité des Mauritaniens à parvenir à une solution durable, conciliant justice, dignité et mémoire.
« Je suis convaincu de notre capacité collective à parvenir à des solutions justes, équilibrées et durables, qui préservent la dignité des personnes et la mémoire des victimes. J’appelle tous les Mauritaniens à transformer les douleurs du passé en une force de rassemblement, afin de bâtir une Mauritanie plus unie, plus juste et plus prospère », a-t-il déclaré.
En Mauritanie, le « passif humanitaire » désigne les violations graves des droits humains commises à la fin des années 1980 et au début des années 1990, notamment les arrestations arbitraires, disparitions forcées, exécutions extrajudiciaires, expulsions de milliers des Mauritaniens vers le Sénégal et le Mali, ainsi que les exécutions de militaires noirs mauritaniens. Ce dossier demeure l’un des principaux enjeux mémoriels et politiques du pays, les victimes et leurs ayants droit réclamant notamment la vérité, la justice, la reconnaissance officielle et des réparations.