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Sécurité et Conflits

Abdoulaye Diop accuse l’Ukraine de soutenir des groupes terroristes au Sahel

À la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a formulé de graves accusations contre l’Ukraine, qu’il accuse de soutenir des groupes terroristes opérant au Sahel. Bamako appelle également à une réforme du système multilatéral et réaffirme son choix d’une plus grande autonomie stratégique.

Dans son discours prononcé le 28 septembre 2026 à New York, lors de la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, Abdoulaye Diop a déclaré que le gouvernement malien condamnait « le terrorisme international et ses sponsors étatiques étrangers ». Il a ensuite directement mis en cause l’Ukraine.

Selon le chef de la diplomatie malienne, « après les premières déclarations de l’Ukraine, qui dès 2024 assumait son soutien aux groupes terroristes opérant au Sahel, ce pays a réitéré publiquement, au Sommet de l’État, son ingérence en Afrique ». Abdoulaye Diop affirme également que « d’autres sources indépendantes » corroboreraient, selon Bamako, ces accusations. Il a dénoncé ce qu’il présente comme un soutien ukrainien à « des groupes terroristes et à d’autres groupes mafieux » visant l’intégrité territoriale du Mali.

Le ministre malien a également élargi son accusation à une lecture géopolitique de la crise sahélienne. « Nous ne sommes pas dupes, l’Ukraine n’est que la partie visible de l’iceberg de la déstabilisation de nos pays afin de briser leur volonté d’émancipation d’une tutelle coloniale à jamais révolue », a-t-il déclaré.

Abdoulaye Diop a par ailleurs accusé l’OTAN d’avoir, à travers son intervention militaire en Libye en 2011, contribué à l’aggravation de la situation sécuritaire au Sahel. Il a présenté les attaques des 25 avril et 4 juillet 2026 au Mali comme la manifestation d’une « connexion dangereuse » entre différents groupes armés. Bamako affirme désormais mener cette lutte avec ses propres forces, dans le cadre de la Force unifiée de l’AES, avec l’appui de la Fédération de Russie.

Sur le plan diplomatique, le ministre a réaffirmé la volonté du Mali de diversifier ses partenariats et de rechercher une « autonomie stratégique » du Mali, de l’AES et de l’Afrique. Il a également appelé à une réforme de l’ONU, à une représentation accrue de l’Afrique dans les institutions multilatérales et à la levée des mesures coercitives unilatérales.

Ce discours confirme la ligne diplomatique défendue par Bamako : souveraineté, diversification des partenariats et coopération avec les États respectant les choix stratégiques maliens.

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