Une manifestante lors de la mobilisation féminine dispersée à Nouakchott, image tirée d’une capture d’écran vidéo.©️DR
Une mobilisation féminine prévue devant l’Assemblée nationale a été empêchée vendredi dans la capitale mauritanienne, sur fond d’indignation croissante après plusieurs affaires de violences faites aux femmes, dont le meurtre présumé de Fatimata Hamadi Ba. Les militantes réclament notamment l’adoption de la loi Kaarama, toujours bloquée au Parlement.
À Nouakchott, une manifestation organisée ce vendredi 1ᵉʳ mai par un collectif de femmes mauritaniennes réclamant davantage de justice et de protection a été dispersée par les forces de l’ordre avant même son lancement.
Prévu sous forme de sit-in devant l’Assemblée nationale, ce rassemblement visait à dénoncer la recrudescence des violences basées sur le genre en Mauritanie et à interpeller les autorités sur l’urgence de renforcer le cadre juridique de protection des femmes.
Selon plusieurs témoignages, la police est intervenue pour empêcher la mobilisation, dispersant les participantes et soutiens présents sur les lieux.
Cette action intervient dans un contexte de vive émotion nationale, ravivée par l’affaire Fatimata Hamadi Ba, dont le corps avait été découvert à la mi-avril dans un hangar à Dar Naïm, en périphérie de Nouakchott, après un enlèvement présumé. Ce drame a profondément bouleversé l’opinion publique et relancé les inquiétudes concernant la sécurité des femmes.
La veille, le 30 avril, plusieurs militantes féministes avaient organisé une conférence de presse pour dénoncer la persistance des violences faites aux femmes et exiger l’adoption de la loi Kaarama, un projet destiné à renforcer la lutte contre les violences basées sur le genre.
Toujours bloquée au Parlement depuis plus d’une décennie, cette législation demeure au centre d’un débat national sensible. Ses partisans la considèrent comme essentielle pour combattre l’impunité et garantir la dignité des femmes, tandis que ses détracteurs invoquent des considérations religieuses et sociétales.
Pour les militantes, l’adoption de cette loi représente désormais une priorité nationale afin de mieux protéger les victimes et d’assurer une réponse judiciaire plus ferme face aux violences sexistes.