Signé à Bakou entre la Mauritanie et la Banque islamique de développement, cet accord de financement vise à étendre l’accès à l’électricité dans sept wilayas, avec un accent sur l’énergie solaire, les activités productives rurales et l’autonomisation économique des populations, notamment des femmes.
La Mauritanie a obtenu un nouveau financement majeur pour soutenir sa stratégie d’électrification rurale. Le ministre des Affaires économiques et du Développement, Dr Abdallah Ould Souleymane Ould Cheikh Sidia, a signé vendredi à Bakou, en Azerbaïdjan, un accord de financement avec le président du Groupe de la Banque islamique de développement (BID), Dr Mohammed Sulaiman Al Jasser, pour un montant global de 59,28 millions de dollars américains. L’enveloppe est destinée au financement d’un projet d’électrification des zones rurales isolées en Mauritanie, selon un communiqué du ministère des Affaires économiques et du Développement.
D’après le communiqué, ce projet doit permettre d’élargir l’accès universel et équitable à une électricité durable et abordable dans les zones rurales. Il ciblera 170 localités réparties dans sept wilayas : l’Adrar, l’Assaba, l’Inchiri, le Brakna, les deux Hodhs et le Tagant. L’ambition affichée est de contribuer à faire passer le taux de couverture électrique nationale de 55 % en 2024 à 100 % à l’horizon 2030.
Le dispositif repose d’abord sur un important volet d’infrastructures. Le communiqué précise que le projet prévoit la réalisation de 85 mini-réseaux alimentés par l’énergie solaire, pour une capacité totale de 8 mégawatts, ainsi que le raccordement de 36 localités au réseau du projet RIMDIR. Vingt autres localités seront équipées en systèmes solaires domestiques. À cela s’ajoutent l’extension des réseaux moyenne et basse tension et l’installation de 25 000 branchements domestiques et institutionnels dotés de compteurs prépayés.
Au-delà de l’accès à l’électricité, le projet intègre une dimension économique et sociale marquée. Le ministère souligne qu’une deuxième composante est consacrée au soutien aux activités productives et à l’autonomisation économique des populations. Elle prévoit l’installation de 10 plateformes énergétiques polyvalentes équipées notamment de moulins, de stations de recharge et d’unités de réfrigération pour la conservation du lait. La gestion de ces infrastructures sera confiée à des coopératives féminines, un choix qui traduit la volonté des autorités d’associer davantage les femmes aux retombées économiques du programme.
Le communiqué indique également que 126 pompes à eau seront installées pour appuyer les activités agricoles et pastorales, tandis que des équipements de chaîne du froid seront fournis aux structures sanitaires pour la conservation des vaccins. Une troisième composante portera sur le renforcement des capacités techniques, à travers des visites d’échange d’expériences, des formations pour les techniciens locaux et l’encadrement de jeunes diplômés sur deux ans afin d’assurer l’exploitation et la maintenance des infrastructures électriques.
Selon le ministère, près de 123 000 personnes, soit environ 22 000 ménages, bénéficieront directement du projet, ainsi que 3 000 infrastructures sociales et productives, dont des centres de santé et des établissements scolaires. Le communiqué précise qu’une attention particulière sera accordée aux populations vulnérables, à la jeunesse et aux familles dirigées par des femmes, avec l’objectif de réduire les charges domestiques, d’améliorer l’accès aux services essentiels et de stimuler l’économie locale.