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Justice

Mariem mint Cheikh, députée mauritanienne et militante anti-esclavagiste.©DR

Mauritanie : l’IRA dénonce l’arrestation de la députée Mariem mint Cheikh et exige sa libération immédiate

L’arrestation de la députée Mariem mint Cheikh suscite une vive controverse sur la scène politique mauritanienne. Dans un communiqué rendu public ce vendredi 10 avril, l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste (IRA) condamne fermement ce qu’elle qualifie d’« enlèvement » de cette élue, figure engagée de la lutte contre l’esclavage et les discriminations.

Selon l’organisation, la députée, élue sous la bannière de l’alliance RAG-SAWAB, aurait été interpellée à son domicile dans la banlieue sud de Nouakchott dans la nuit du 9 au 10 avril, en dehors des horaires légaux. IRA affirme également que son nourrisson de trois mois aurait été emmené avec elle lors de son arrestation.

Le mouvement abolitionniste souligne que Mariem mint Cheikh bénéficie de l’immunité parlementaire, estimant que toute privation de liberté en dehors d’une procédure légale constitue une atteinte grave à l’État de droit. L’organisation évoque un contexte marqué par des tensions croissantes autour des questions liées aux droits humains, notamment celles touchant les communautés historiquement victimes d’esclavage.

D’après IRA, cette arrestation intervient après des prises de position publiques de la députée dénonçant des cas présumés de discriminations et de mauvais traitements en détention visant des militantes et lanceuses d’alerte. Le mouvement dénonce par ailleurs ce qu’il considère comme une « traque systématique » des acteurs engagés dans la lutte anti-esclavagiste.

Sur le plan politique, plusieurs groupes de l’opposition parlementaire ont réagi en appelant à la libération immédiate de la députée. Ils qualifient cette interpellation d’« escalade arbitraire » et d’atteinte au principe de séparation des pouvoirs.

Dans son communiqué, l’IRA formule plusieurs exigences, dont la révélation du lieu de détention de la députée, sa libération sans condition, ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de son arrestation. L’organisation tient également les autorités responsables de son intégrité physique et morale, ainsi que de celle de son enfant.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités mauritaniennes n’a encore été rendue publique concernant la députée Mariem mint Cheikh, dont l’arrestation continue de susciter de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique.

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