news-details
Diplomatie / Coopération

Crise diplomatique entre Abidjan et Niamey après des accusations du général Tiani

La Côte d’Ivoire a convoqué l’ambassadeur du Niger à Abidjan pour protester officiellement contre des déclarations jugées graves et infondées du chef de la junte nigérienne, accusant le président Alassane Ouattara d’être impliqué dans l’attaque armée contre l’aéroport de Niamey.

La tension diplomatique est montée d’un cran entre la Côte d’Ivoire et le Niger. Ce vendredi 30 janvier 2026, les autorités ivoiriennes ont convoqué l’ambassadeur du Niger à Abidjan, en réaction aux accusations publiques formulées par le général Abdourahamane Tiani, président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), à l’encontre du président ivoirien Alassane Ouattara et des autorités d’Abidjan.

Selon un communiqué du ministère ivoirien des Affaires étrangères, cette convocation s’est accompagnée de la remise d’une note de protestation officielle, dénonçant des propos qualifiés de contraires aux usages diplomatiques, portant atteinte à l’honneur et à la dignité du chef de l’État ivoirien, ainsi qu’au peuple de Côte d’Ivoire.

Dans un discours particulièrement virulent, prononcé à la suite de l’attaque armée contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, le général Tiani a accusé plusieurs dirigeants étrangers — notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara — d’être les « sponsors » ou « parrains » des mercenaires responsables de cette opération.

« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir », a-t-il déclaré, sans apporter de preuves étayant ces accusations.

L’attaque évoquée s’est déroulée dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026 autour de la base aérienne 101 jouxtant l’aéroport de Niamey. Des tirs nourris et explosions ont été signalés pendant une trentaine de minutes, provoquant une riposte immédiate des forces nigériennes.

Les autorités de transition ont parlé de « mercenaires télécommandés » tentant de pénétrer la zone militaire. Le bilan officiel fait état de 20 assaillants neutralisés, 11 interpellés, de la saisie de matériel militaire, ainsi que de quatre soldats nigériens blessés. Un stock de munitions aurait explosé, et des incendies visibles sur images satellite ont endommagé certaines zones du tarmac.

Aucun civil n’a été tué. Toutefois, trois avions civils stationnés ont été touchés, dont deux appareils d’Asky Airlines et un avion d’Air Côte d’Ivoire, atteints au niveau du fuselage et de l’aile droite, sans faire de blessés. L’aéroport a repris ses activités normalement dès la matinée du 29 janvier.

Cet épisode intervient dans un contexte sécuritaire et diplomatique particulièrement tendu au Niger, marqué par les conséquences du coup d’État de juillet 2023, la persistance de la menace jihadiste, la dégradation des relations avec la France et le Bénin, ainsi qu’un rapprochement stratégique affiché avec la Russie.

Pour Abidjan, cette convocation diplomatique vise à marquer une ligne rouge claire face à des accusations jugées irresponsables, tout en préservant les principes du dialogue entre États souverains. La suite donnée par les autorités nigériennes à cette protestation officielle sera scrutée de près dans les jours à venir.
 

Partager ce post !