Dans un tournant diplomatique majeur, le Mali a annoncé la fin de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et son soutien explicite au plan d’autonomie proposé par le Maroc. Cette décision, officialisée à Bamako, marque un repositionnement stratégique dans un dossier régional sensible et de longue date.
Le gouvernement malien a officiellement acté, vendredi 10 avril 2026, le retrait de sa reconnaissance de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD), mettant fin à une position diplomatique historique. L’annonce a été faite à Bamako par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à l’issue d’une rencontre avec son homologue marocain, Nasser Bourita, en visite officielle dans la capitale malienne.
Selon les autorités maliennes, cette décision résulte d’une « analyse approfondie » du dossier saharien, considéré comme un enjeu central pour la stabilité et la sécurité en Afrique du Nord et au Sahel. Bamako affirme désormais adopter une position « clarifiée », traduisant une volonté de réévaluer ses priorités diplomatiques dans un contexte régional en mutation.
Dans la foulée, le Mali a exprimé son soutien au plan d’autonomie proposé par le Maroc en 2007, le qualifiant de « seule base sérieuse et crédible » pour parvenir à une solution durable au conflit du Sahara occidental. Ce plan prévoit l’instauration d’une autonomie élargie du territoire sous souveraineté marocaine, avec des institutions locales élues, tandis que les compétences régaliennes resteraient du ressort de Rabat.
Ce repositionnement s’inscrit également dans le cadre du processus onusien. Les autorités maliennes ont réaffirmé leur appui aux efforts des Nations Unies, notamment ceux de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, ainsi qu’aux résolutions du Conseil de sécurité, en particulier la Résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en octobre 2025, qui souligne le caractère crédible de l’initiative marocaine.
Sur le plan géopolitique, cette évolution traduit un rapprochement accru entre Bamako et Rabat, dans un contexte marqué par les recompositions stratégiques au Sahel. Elle intervient également sur fond de tensions persistantes avec Algérie, soutien historique du Front Polisario, qui continue de revendiquer l’organisation d’un référendum d’autodétermination incluant l’option de l’indépendance.
En rejoignant les pays africains favorables au plan d’autonomie marocain, le Mali confirme une tendance diplomatique croissante sur le continent en faveur de cette option. Cette décision sera officiellement notifiée aux organisations régionales et internationales ainsi qu’au corps diplomatique accrédité à Bamako, consacrant ainsi un changement formel de doctrine sur la question saharienne.
Ce revirement pourrait avoir des répercussions significatives sur les équilibres diplomatiques en Afrique et relancer les dynamiques autour de l’un des conflits les plus anciens du continent.