news-details
Justice

Mariem mint Cheikh (à gauche) et Ghame Achour Salem (à droite), députées mauritaniennes et militantes antiesclavagistes.©DR/CollageTRUST

Mauritanie : deux députées de l’opposition condamnées à quatre ans de prison

La justice mauritanienne a rendu un verdict lourd de conséquences contre deux figures parlementaires de l’opposition, dans une affaire mêlant accusations de propos controversés en ligne, atteinte aux symboles nationaux et tensions autour des libertés publiques.

La chambre criminelle du tribunal de Nouakchott-Ouest a condamné, ce lundi 4 mai, les députées Mariem mint Cheikh et Ghamou Achour Salem à quatre ans de prison ferme, à l’issue d’un procès très suivi sur la scène politique nationale.

Selon les informations rapportées par nos confrères d’Al-Akhbar, la juridiction a également ordonné la suppression de l’ensemble des contenus publiés sur leurs plateformes numériques, ainsi que la confiscation des téléphones et supports électroniques considérés par la justice comme ayant servi à la diffusion des faits reprochés. Les autorités ont aussi exigé la fermeture légale des pages et comptes concernés.

Les deux parlementaires, membres du mouvement IRA et élues sous la bannière du parti Sawab, étaient poursuivies pour plusieurs infractions, notamment : « atteinte délibérée aux symboles nationaux », « diffusion de propos à caractère raciste susceptibles de nuire à la cohésion sociale », « menaces », « diffamation », « appel à l’attroupement », « injures publiques » et « incitation à la violence ».

Le parquet avait initialement requis cinq ans de prison ainsi que la levée de leur immunité parlementaire. La défense, pour sa part, avait quitté l’audience après le rejet de ses exceptions de procédure.

Cette affaire trouve son origine dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles les deux élues critiquaient ouvertement le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, ainsi que les autorités gouvernementales.

Au-delà de la procédure judiciaire, cette affaire avait déjà suscité de vives réactions dans les milieux politiques et associatifs. Plusieurs voix de l’opposition ainsi que des organisations de défense des droits humains dénonçaient un durcissement préoccupant du climat démocratique, tandis que les autorités insistaient sur la nécessité de préserver la stabilité nationale, l’ordre public et l’unité sociale.

Partager ce post !