À peine rouvert dans un contexte de désescalade fragile, le détroit d’Ormuz se referme déjà. Ce samedi 18 avril, les autorités iraniennes ont annoncé le rétablissement d’un contrôle strict sur cette voie maritime stratégique, accusant les États-Unis de violations répétées de leurs engagements, notamment à travers le maintien d’un blocus naval visant les ports iraniens.
Dans un communiqué diffusé par les canaux officiels, le commandement militaire iranien indique que le passage des navires, en particulier ceux affiliés à des forces jugées hostiles, est désormais soumis à de fortes restrictions. Téhéran justifie ce revirement par ce qu’il qualifie de “manquements répétés” de Washington, après un assouplissement consenti “de bonne foi” dans le cadre de négociations indirectes.
Ce durcissement intervient moins de 24 heures après l’annonce par l’Iran d’une réouverture complète du détroit, présentée comme un geste d’apaisement dans le sillage du cessez-le-feu fragile entre Israël et le Liban. Une initiative désormais compromise par la persistance des tensions régionales et l’absence d’avancées concrètes sur la liberté de navigation des navires iraniens.
Au cœur des enjeux : le détroit d’Ormuz, passage clé par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Sa fermeture partielle ou son contrôle accru fait planer un risque immédiat sur les marchés énergétiques et ravive les craintes d’une escalade militaire, notamment en mer.
Côté américain, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée dans l’immédiat. Mais le président Donald Trump avait récemment averti que tout navire iranien tentant de contourner le blocus pourrait être ciblé, renforçant le spectre d’un affrontement naval direct.
Dans un contexte déjà marqué par une guerre régionale larvée et des équilibres précaires, ce nouveau tournant confirme la volatilité extrême de la situation au Moyen-Orient, où chaque décision stratégique sur le détroit d’Ormuz peut avoir des répercussions mondiales immédiates.