Moussa Fall (à droite) et Ousmane Kane.©Collage/TRUST
Dans le cadre des préparatifs du Dialogue National Inclusif, le coordinateur Moussa Fall multiplie les consultations stratégiques afin de dégager un consensus autour de l’un des dossiers les plus complexes de l’histoire contemporaine mauritanienne : le passif humanitaire.
Selon plusieurs sources médiatiques, une série de réunions régulières se tient entre le coordinateur du dialogue, Moussa Fall, et l’ancien ministre Ousmane Kane, aux côtés d’acteurs politiques ainsi que de représentants des veuves, orphelins et ayants droit des victimes des événements de 1989-1991. Cette dynamique vise à identifier des pistes de solutions durables et consensuelles pour solder une question restée ouverte depuis près de quatre décennies.
Le passif humanitaire demeure une problématique centrale dans la mémoire nationale. Il renvoie aux violations graves des droits humains survenues à la fin des années 1980 et au début des années 1990, sous le régime de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, notamment des arrestations arbitraires, disparitions forcées, tortures, exécutions extrajudiciaires, ainsi que des expulsions massives de milliers d’Afro-Mauritaniens vers le Sénégal et le Mali.
Ce dossier inclut également la question des militaires exécutés à Inal, ainsi que celle des réfugiés, rapatriés et victimes civiles, dont les réparations restent jugées incomplètes par plusieurs organisations de défense des droits humains.
Sujet hautement sensible, le passif humanitaire touche à la justice transitionnelle, à la cohésion nationale et à la réconciliation durable entre l’État et les communautés affectées. Son traitement constitue ainsi un test majeur pour la crédibilité et la portée historique du Dialogue National Inclusif.
À travers ces consultations discrètes mais stratégiques, les autorités semblent chercher à créer les conditions d’une solution politique équilibrée, capable de répondre aux attentes des victimes tout en consolidant l’unité nationale.
L’issue de ces concertations pourrait marquer une étape décisive dans la volonté de la Mauritanie de tourner, dans la justice et la mémoire, l’une des pages les plus douloureuses de son histoire contemporaine.