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Société

Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal.©️DR

Sénégal : devant l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko défend la loi anti-homosexualité et rejette toute pression extérieure

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a réaffirmé, ce vendredi 22 mai 2026, la fermeté du gouvernement sur l’application de la nouvelle loi durcissant les sanctions contre l’homosexualité, lors d’une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Face aux députés, le chef du gouvernement a martelé qu’« il n’y aura pas de protection pour les gros poissons » et que l’État « ne cédera pas à la pression ».

Dans une déclaration au ton offensif, Ousmane Sonko a appelé la justice sénégalaise à poursuivre sans distinction les personnes impliquées dans ce qu’il qualifie de « propagation de ce fléau », visant notamment « les milliardaires » et autres personnalités influentes qu’il accuse d’encourager ces pratiques.

« Il n’y aura pas de moratoire », a insisté le Premier ministre, en réaction à l’appel lancé récemment par plusieurs intellectuels africains au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour suspendre l’application de la nouvelle législation.

Le chef du gouvernement sénégalais a également répondu aux critiques venues de France après l’adoption de cette loi. Il a notamment visé la présidente de l’Assemblée nationale française qui avait dénoncé le texte voté à Dakar.

« Nous n’avons pas de leçon à recevoir de la France qui parle d’intolérance. L’intolérance, c’est d’interrompre l’interview d’une personne tout simplement parce qu’elle porte un voile », a déclaré Ousmane Sonko devant les parlementaires.

Le Premier ministre a par ailleurs laissé entendre qu’un renforcement supplémentaire du dispositif législatif n’était pas exclu. « Si cette loi doit être renforcée, elle le sera. Il y va de l’intérêt de la nation », a-t-il affirmé.

Pour rappel, le Sénégal a adopté en mars 2026 une nouvelle loi portant les peines liées aux relations homosexuelles de cinq à dix ans de prison. Le texte, promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye, prévoit également un durcissement des sanctions financières, avec des amendes allant désormais de 2 à 10 millions de francs CFA, contre 100 000 à 1,5 million auparavant.

Cette réforme continue de susciter de vives réactions au Sénégal comme à l’international, entre défense de la souveraineté législative du pays et critiques des organisations de défense des droits humains.

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