À travers une initiative ambitieuse, la Banque mondiale entend concilier développement économique et préservation des forêts tropicales dans le Bassin du Congo, deuxième poumon écologique de la planète. Ce programme régional vise à structurer des chaînes de valeur durables, créer des emplois et renforcer la résilience climatique de l’Afrique centrale.
Selon un communiqué publié début avril, la Banque mondiale a approuvé un vaste programme destiné à transformer les économies forestières d’Afrique centrale. Ce programme, baptisé Programme pour des économies forestières durables du Bassin du Congo (SCBFEP), est évalué à 1,02 milliard de dollars, avec une première phase financée à hauteur de 394,83 millions de dollars par l’Association internationale de développement (IDA).
Cette phase initiale cible le Cameroun, la République centrafricaine et la République du Congo, avec pour objectif de renforcer la gestion durable des ressources forestières tout en développant les filières économiques liées au bois et à l’agroforesterie. Le programme prévoit la création de 220 000 emplois directs, la mise sous gestion durable de près de 8 millions d’hectares de forêts, le soutien à 500 PME, la formation de 20 000 personnes dont 40 % de femmes, ainsi que l’accompagnement de 7 000 jeunes entrepreneurs. Au total, près de 60 millions de personnes devraient bénéficier des retombées économiques et sociales de cette initiative.
Au-delà de son impact économique, le programme s’inscrit dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Le Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, joue un rôle essentiel dans l’absorption du carbone et la régulation du climat. Ces mesures devraient permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’environ 17,6 millions de tonnes de CO₂ par an.