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Société

John Dramani Mahama, président ghanéen.©️DR

Esclavage et colonialisme : À Accra, l’Afrique et sa diaspora ouvrent un nouveau chapitre du combat pour les réparations

Réunis au Ghana, représentants de 80 pays, experts et dirigeants politiques ont engagé des discussions sur les mécanismes de justice réparatrice liés à l’esclavage transatlantique et au colonialisme, quelques mois après l’adoption d’une résolution historique de l’ONU sur la question.

Accra, capitale du Ghana, accueille depuis le 17 juin 2026 un sommet international de haut niveau consacré à la justice réparatrice liée à l’esclavage transatlantique et au colonialisme. Cette rencontre de trois jours réunit des représentants de 80 pays, ainsi que des experts, des organisations de la société civile et des dirigeants politiques venus d’Afrique, des Caraïbes, d’Europe et des Amériques.

Ce rendez-vous intervient dans le prolongement direct d’une résolution adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations unies, qui a reconnu l’esclavage transatlantique comme le « plus grave crime contre l’humanité » et ouvert la voie à des discussions structurées sur les réparations. À Accra, l’enjeu est désormais de transformer cette reconnaissance politique en mécanismes concrets et opérationnels.

Les débats portent principalement sur trois revendications majeures : des excuses officielles des États historiquement impliqués dans la traite négrière et le système colonial, la création d’un fonds international de réparations destiné à soutenir les populations et pays concernés, ainsi qu’une réforme de la gouvernance mondiale afin de renforcer la représentation de l’Afrique dans les institutions internationales.

Au-delà de ces axes, les discussions s’étendent à plusieurs dimensions complémentaires, notamment la restitution des œuvres d’art africaines, la mise en place de programmes éducatifs sur la mémoire de l’esclavage, des investissements pour réduire les inégalités héritées du passé colonial, ainsi que la lutte contre le racisme structurel et la reconnaissance officielle des préjudices historiques.

Le choix du Ghana revêt une forte portée symbolique. Le pays abrite des sites majeurs de la traite transatlantique, dont les forts de Cape Coast et d’Elmina, d’où des millions d’Africains ont été déportés vers les Amériques. Pour les autorités ghanéennes, cette histoire confère aujourd’hui une responsabilité particulière dans la construction d’un cadre de mémoire et de réparation. Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a ainsi affirmé que le Ghana devait évoluer « du statut de scène de crime vers celui de sanctuaire de guérison et de justice réparatrice ».

Porté par l’Union africaine, le président ghanéen John Dramani Mahama s’impose comme l’un des principaux défenseurs de ce dossier sur la scène internationale, estimant que la question des réparations dépasse la seule dimension financière et touche à la place de l’Afrique dans l’ordre mondial.

Après une première journée consacrée à l’harmonisation des approches et à la définition des cadres de travail, les sessions suivantes ont vu la participation des chefs d’État et de gouvernement, chargés d’esquisser une feuille de route commune pour le suivi des engagements.

À Accra, ce sommet marque ainsi une étape importante dans la structuration d’un processus international encore en construction, mais désormais engagé vers la définition de mécanismes concrets de justice réparatrice entre mémoire, reconnaissance et action politique.

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