Le prix de l’essence et du diesel à la pompe devient désormais flexible. Les consommateurs bénéficieront directement des baisses annoncées pour 2026, tandis que l’État interviendra en cas de hausse afin de préserver le pouvoir d’achat.
Le gouvernement mauritanien a annoncé, mercredi 7 janvier 2026, une réforme majeure du mécanisme de fixation des prix des produits pétroliers liquides. Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du Président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, l’Exécutif a adopté un projet de décret abrogeant et remplaçant le texte en vigueur depuis 2014.
Lors du point de presse hebdomadaire consécutif au Conseil des ministres, le ministre des Affaires économiques et du Développement, Abdellahi Ould Souleimane Ould Cheikh Sidiya, a précisé que ce projet de décret vise à introduire une nouvelle réforme du mécanisme de fixation des prix des carburants, afin de mieux l’adapter aux fluctuations du marché international.
Il a rappelé que le mécanisme actuellement en vigueur reposait sur la fixation préalable du prix de vente à la pompe, l’État supportant — ou bénéficiant — de la différence entre ce prix et le coût réel. En raison de la hausse soutenue des prix de l’énergie ces dernières années, ce système a contraint les finances publiques à supporter des charges importantes pour maintenir les prix à la pompe, actuellement fixés à 500 MRU pour le litre de gasoil et 566 MRU pour le litre d’essence.
Selon les prévisions disponibles, les prix internationaux des hydrocarbures devraient connaître une baisse significative au cours de l’année 2026. Plutôt que de laisser cet écart favorable profiter au Trésor public, le gouvernement a décidé, sur instruction directe du chef de l’État, d’introduire un nouveau mécanisme permettant au citoyen et au consommateur mauritanien de bénéficier directement de cette baisse attendue.
Le ministre a souligné que l’ancien dispositif maintenait des prix stables à la pompe tout en transférant les différences positives au Trésor public, alors que le nouveau mécanisme permettra une répercussion directe des baisses des prix internationaux au bénéfice des ménages, tout en prévoyant une intervention de l’État en cas de hausse afin d’amortir les chocs.
En revanche, le mécanisme de tarification du gaz domestique restera inchangé, en l’absence de perspectives de baisse internationale favorable au consommateur. L’État continuera ainsi à compenser l’écart de prix sur ce produit de première nécessité, un effort budgétaire estimé à 1,4 milliard MRU en 2024 et à 1,3 milliard MRU sur les six premiers mois de 2025.