Les veuves des victimes militaires, membres de l’Alliance des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires de Mauritanie et du Collectif des Veuves. ©️TRUST
Dans une conférence de presse tendue à Nouakchott, les veuves de militaires exécutés durant les années de répression ont rejeté les indemnisations proposées par l’État, réaffirmant leur exigence de vérité et de justice.
La conférence de presse organisée ce dimanche 30 novembre 2025 à Nouakchott par l’Alliance des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires de Mauritanie et le Collectif des Veuves s’est déroulée dans un climat lourd et très tendu, marqué, selon le représentant de TRUST, par des « interventions répétitives assimilées à des démarches d’intimidation » de la police.
Réunies chez feue Mère Houleye, au cinquième (près du robinet Sarakholé), les veuves ont exprimé leur refus catégorique des mesures proposées par le gouvernement mauritanien dans le cadre du règlement du passif humanitaire.
En octobre 2025, le gouvernement a entamé des discussions visant à verser une première tranche de 26 milliards MRO, destinée aux victimes des événements de 1989, dans une tentative d’apaiser les blessures liées aux exactions commises entre 1986 et 1991.
Mais ces femmes, dont plusieurs ont perdu leurs époux lors d’une des pages les plus sombres de l’histoire récente du pays, rejettent toute démarche de compensation financière. Elles ont rappelé le drame du 27 au 28 novembre 1990, lorsque 28 soldats négro-mauritaniens furent pendus dans le camp militaire d’Inal, sous le régime de Maouiya Ould Sid’Ahmed Taya, aujourd’hui en exil au Qatar.
Pour elles, « nous ne voulons pas d’argent. Nous voulons la justice ». Elles estiment que les indemnisations actuelles ne sauraient remplacer une reconnaissance officielle des crimes commis ni l’engagement de poursuites contre les responsables.
Les représentants de l’alliance ont dénoncé des tentatives visant à « clore administrativement » un dossier profondément sensible sans une véritable consultation des familles. Ils exigent vérité, justice et responsabilité, estimant que ces conditions sont indispensables à une réconciliation nationale authentique.
La conférence s’est tenue en présence de plusieurs députés, notamment Khally Diallo, Kadiata Malick Diallo, Kalidou Sow et Balla Touré, venus exprimer leur soutien et leur solidarité envers les victimes et leurs familles