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Justice

Mauritanie : la Coalition Anti-Système appelle à la vérité et à la réconciliation nationale

La Coalition Anti-Système réclame vérité, justice et réconciliation nationale pour les victimes des crimes racistes passés et appelle à traiter les causes profondes des discriminations.

La Coalition Anti-Système a tenu ce jeudi 13 novembre une conférence de presse au siège des FPC à Nouakchott pour revenir sur le dossier du « Passif humanitaire », période de violences et d’exactions commises à partir de 1986 contre la communauté négro-africaine, particulièrement les Peuls, sous le régime du colonel Maaouya Ould Taya.

Selon elle, ces événements tragiques, survenus entre 1988 et 1991, ont été marqués par la répression, les déportations, les spoliations, les radiations administratives massives et les exécutions extra-judiciaires, dont la pendaison de 28 soldats négro-africains le 28 novembre 1990. Ces actes ont profondément divisé les communautés et fragilisé l’unité nationale.

La Coalition estime que la résolution de ce dossier nécessite une justice transitionnelle fondée sur la vérité, la réparation, la mémoire et le pardon, à l’image de ce qui a été mis en œuvre dans des pays comme l’Argentine, le Chili, l’Afrique du Sud, le Maroc ou la Gambie. Selon elle, toute tentative de « solution adaptée » sans justice réelle ne ferait que masquer la gravité des crimes et pourrait encourager de futurs abus.

« Un génocide ne se pardonne pas et ne saurait être soldé par de l’argent », a insisté la Coalition, qui appelle le gouvernement à affronter l’histoire du pays et à traiter les causes profondes de ces injustices racistes afin de garantir une réconciliation durable.

Elle a également salué le courage des veuves et des orphelins concernés, qui refusent de céder aux pressions financières, et a appelé tous les patriotes à soutenir ces victimes dans leur quête de vérité et de dignité.

Pour rappel, en octobre 2025, le gouvernement mauritanien a entamé le versement d’une première tranche d’indemnisation, d’un montant de 26 milliards d’ouguiyas (MRO), destinée aux victimes des événements de 1989, dans le cadre du règlement du passif humanitaire.

Quant à l’appel à la justice, il est peu probable qu’il aboutisse, une loi adoptée en 1993 prévoyant une amnistie qui empêche toute poursuite judiciaire contre les auteurs présumés de ces exactions.


l'ancien président mauritanien, Maouiya Ould Taya

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