La Cour suprême de Mauritanie a confirmé, ce mardi 4 novembre, la condamnation à quinze ans de prison ferme de l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz, reconnu coupable d’abus de pouvoir et d’enrichissement illicite dans le cadre du dossier dit de la « Décennie ».
Cette décision, rendue à l’issue d’une audience tenue à Nouakchott le 4 novembre 2025, met un terme au long feuilleton judiciaire engagé contre l’ancien chef de l’État, au pouvoir entre 2009 et 2019. La plus haute juridiction du pays a ainsi validé le verdict prononcé en mai dernier par la Cour d’appel, qui avait alourdi sa peine initiale de cinq à quinze ans de prison ferme.
Mohamed Ould Abdel Aziz, considéré comme l’un des acteurs politiques les plus influents de la Mauritanie contemporaine, était poursuivi pour détournement de biens publics, abus de fonctions et blanchiment d’argent. Selon le parquet, l’ancien président aurait profité de son mandat pour accumuler une fortune colossale, dissimulée à travers des entreprises et propriétés enregistrées sous des noms de proches.
Avec cette confirmation, la Cour suprême met un point final à une affaire sans précédent dans l’histoire politique du pays. Pour la première fois, un ancien président mauritanien est condamné définitivement à une lourde peine de prison pour enrichissement illicite et mauvaise gestion des deniers publics.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par la lutte contre la corruption et l’impunité des élites en Mauritanie, alors qu’un rapport explosif de la Cour des comptes secoue actuellement l’opinion publique. Ce document met en cause des dizaines de hauts fonctionnaires, déjà radiés de leurs fonctions et en attente de jugement devant les tribunaux.
Dans ce cadre, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a réaffirmé sa détermination à lutter contre la corruption sous toutes ses formes. Il a assuré que nul ne sera au-dessus de la loi, promettant que toute personne impliquée dans des malversations, quelle que soit sa position, sera tenue pour responsable. Le chef de l’État a ainsi rappelé que la transparence, la redevabilité et le respect des deniers publics constituent des priorités majeures de son mandat.