La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a condamné, mardi 30 septembre, l’ancien président Joseph Kabila à la peine de mort. Jugé par contumace, l’ex-chef d’État a été reconnu coupable de crimes de guerre, trahison et insurrection, sans circonstances atténuantes. Le tribunal lui a également infligé 15 ans de prison pour complot contre l’État.
Depuis 2023, Joseph Kabila n’a plus résidé en RDC et n’a ni assisté à l’audience ni été représenté par un avocat. L’ancien président, aujourd’hui âgé de 54 ans, a été déclaré coupable de collaboration avec le mouvement rebelle M23, actif dans l’est du pays et soutenu par le Rwanda. Le jugement l’accuse d’avoir facilité des opérations militaires du groupe armé, responsables d’homicides, de viols et d’actes de torture.
Cette condamnation intervient après une réapparition remarquée de Kabila à Goma en début d’année, qui avait ravivé les spéculations sur un éventuel retour en politique. Plusieurs observateurs estiment que cette présence avait inquiété le pouvoir en place, qui redoutait que l’ancien président tente de rallier l’opposition et de peser de nouveau dans le jeu politique national. Sa localisation actuelle demeure inconnue.
Le procès, ouvert en juillet après la levée de son immunité de sénateur à vie, s’est conclu mardi au terme de près de cinq heures d’audience. Le verdict, au-delà de la condamnation pénale, apparaît comme un signal fort du gouvernement congolais, décidé à rompre avec l’héritage de l’ère Kabila. Reste à savoir si cette décision sera appliquée, dans un pays où l’exécution de la peine capitale reste extrêmement rare malgré la levée récente du moratoire.